La famille Masson de Movelier passait ses vacances auprès des grands-parents maternels dans la région de Bordeaux lorsqu’ils ont reçu l’ordre d’évacuer samedi soir à la suite des incendies de forêt.
La France connaît depuis quelques jours un ordre d’évacuation massif. Plus de 220'000 personnes ont dû quitter leur domicile à cause des feux de forêt qui ravagent le Sud-Ouest de la France depuis mercredi. Parmi eux, la famille Masson de Movelier qui, comme chaque année, passait les vacances auprès des grands-parents maternels à Cestas, à mi-chemin entre Bordeaux et Marcheprime, commune qui est en proie aux flammes. Samedi soir, à 23h30, un message reçu sur le portable leur a donné l’ordre d’évacuer les lieux. Moins d'une heure plus tard, Yves et Marie-Claire Masson, et leurs cinq enfants de 1 à 12 ans, ont pris la voiture et sont rentrés dans le Jura dimanche matin en laissant la maison d’enfance derrière eux. « C’est la maison familiale qu’on a dû quitter un peu en urgence dans le stress avec les cinq enfants », raconte la mère de famille. Depuis la veille, le couple n’était plus tranquille et craignait déjà de devoir rentrer précipitamment.
Marie-Claire Masson : « C’est la maison familiale qu’on a dû quitter. »
Une région fantôme
Pendant la journée, la famille s’est promenée dans la région et a constaté que l’accès aux forêts était interdit, les places de jeu désertées, et les rares personnes croisées portaient des masques. Dans la soirée, le vent ayant tourné, l’odeur de fumée et les cendres sont parvenus jusque dans la commune de Cestas. « Une ambiance assez particulière », relate Yves Masson. Charles, l’aîné de la fratrie, ressentait « une ambiance fantôme ». Le bruit des camions de pompiers et des hélicoptères a fait monter la tension. « Ça m’a soulagé lorsque j’ai appris qu’on partait. Je n’aurais jamais pu tenir jusqu’au matin. Ça aurait été une nuit horrible », raconte l’adolescent qui a gardé une boule au ventre sur le chemin du retour : « pour la maison et pour mes grands-parents qui restaient un peu plus longtemps sur place ». /ncp









