Quatre pompiers neuchâtelois ont été mobilisés pour prêter main-forte à nos voisins français afin de maîtriser le mégafeu en Gironde. Entre reconnaissance et expérience extraordinaire, ils témoignent.
« Je n’ai pas hésité en m’engageant dans cette aventure ». Le caporal Brian Joye et son collègue, le caporal Pascal Mercier, font partie des quatre sapeurs-pompiers neuchâtelois à avoir été mobilisés en Gironde pour tenter de maîtriser le mégafeu de forêt qui y sévit depuis le 22 juillet. Pendant une semaine, ces deux pompiers de la région ont prêté main-forte aux forces françaises dans une mission extraordinaire. Ils ont témoigné de leur expérience ce jeudi matin devant la presse à Neuchâtel. « Grâce à eux, le canton de Neuchâtel a pu contribuer à une mission internationale », a relevé le lieutenant-colonel et inspecteur cantonal des sapeurs-pompiers Maxime Franchi en préambule de la conférence de presse.
L’histoire commence le 24 juillet, lorsqu’une demande d’aide internationale est reçue par le SIS de Genève en fin d’après-midi. Deux premiers pompiers neuchâtelois sont alors appelés en renfort. « J’étais en vacances et mon commandant m’a appelé vers 18h30 », explique Brian Joye, 35 ans. « Il m’a dit que j’avais l’opportunité d’apporter mon aide là-bas et, au fond de moi, c’était tout de suite clair que je voulais vraiment partir », ajoute le pompier du Val-de-Ruz. Le lendemain matin, aux aurores, Brian Joye quitte son lieu de vacances, prépare ses affaires en caserne et rejoint le premier détachement de sapeurs-pompiers romand au départ de Genève. Quelques heures plus tard, le pompier arrive sur place, au plus proche des feux de forêt et prend connaissance de l’ampleur de la catastrophe.Brian Joye : « On nous transmet qu’il fallait qu’on s’équipe pour aller sur un feu. »
Pas le temps d’avoir peur, explique Brian Joye quand on lui pose la question. « En fait, on est tellement concentré sur notre travail et l’urgence de la situation, qu’on ne laisse pas de place à l’inquiétude », ajoute-t-il.
Le caporal Pascal Mercier, du SIS des Montagnes neuchâteloises, partage la vision de son collègue. « Au départ, il n’y a pas vraiment d’émotion, on est juste un peu perdu au milieu de cette immense organisation. Ça fourmille vraiment dans tous les sens », avoue-t-il. « Mais on est tout de suite bien accueilli, orienté. Au final, on s’intègre très rapidement dans le mouvement », ajoute le sapeur-pompier qui n’a pas œuvré directement contre les flammes, mais dans le ravitaillement des forces. « C’est un peu la frustration du pompier, mais dans ce genre de cas, chaque maillon de la chaîne est hyper important », décrit-il. Au-delà de la reconnaissance d’avoir pu répondre présent lors de cette mission, le caporal Pascal Mercier en tire une grande leçon d’humanité.
Pascal Mercier : « On nous disait merci d’être venu »
Après cette semaine intense, les deux pompiers neuchâtelois rentrent en Suisse le 2 août. Mais la relève était assurée, car un deuxième détachement de sapeurs-pompiers romand était déjà en route pour la Gironde, avec à son bord deux autres pompiers de la région.
Un investissement pour le canton de Neuchâtel
La rapidité avec laquelle les pompiers neuchâtelois ont pu être mobilisés a été saluée ce jeudi matin par le lieutenant-colonel Maxime Franchi : « Je suis juste fier et très reconnaissant de ces hommes et ces femmes qui s’engagent aussi quotidiennement pour ce métier ». La communication, entre les services des différents cantons impliqués ainsi que les services internationaux, a été la clé de cette mission. « Avec des demandes claires et une bonne communication, on peut répondre de manière efficace », ajoute le lieutenant-colonel et inspecteur cantonal des sapeurs-pompiers. Finalement, cette mobilisation est une chance pour le canton de Neuchâtel, estime Maxime Franchi. Le gain d’expérience n’est pas négligeable.
Maxime Franchi : « Ce bagage là sera utilisé dans nos centres de formation »
Les deux derniers sapeurs-pompiers neuchâtelois engagé en Gironde sont rentrés ce jeudi après-midi. Ils sont arrivés à Genève sur les coups de 14h. /crb









