Les paysagistes impuissants face au dessèchement des arbustes et des pelouses

Le manque de précipitations, les canicules à répétition et les restrictions pour l’utilisation ...
Les paysagistes impuissants face au dessèchement des arbustes et des pelouses

Le manque de précipitations, les canicules à répétition et les restrictions pour l’utilisation de l’eau font souffrir les végétaux. Ils compliquent aussi la tâche de ceux qui prennent soin des espaces verts. 

La végétation souffre des conditions météorologiques depuis plusieurs semaines. (Photo d'illustration) La végétation souffre des conditions météorologiques depuis plusieurs semaines. (Photo d'illustration)

Des gazons jaunis, des arbres aux couleurs automnales, des cultures qui ne poussent plus. Voilà à quoi ressemblent les paysages jurassiens désormais. Après des semaines de sècheresse et des températures souvent caniculaires, l’eau mérite plus que jamais son surnom d’or bleu. Si la situation des agriculteurs est alarmante, elle est compliquée pour les paysagistes, en particulier depuis les restrictions concernant l’utilisation de l’eau dans le canton du Jura. Les plantes mises en terre durant l’hiver ou au printemps meurent de soif. Paysagiste à Coeuve, Jean-Pierre Ribeaud n’y va pas par quatre chemins : « La situation est dramatique. On a passablement de casse sur les plantations de ce printemps. » Il anticipe déjà que de nombreux arbustes ne survivront pas. « Les petits végétaux et ceux dont les racines étaient à nu vont trop souffrir. On a de grosses fentes qui descendent parfois dans le sol à 20 ou 25 centimètres. » Qui dit paysagiste, dit aussi pelouse. Les particuliers qui ont semé du gazon ce printemps voient les travaux réalisés être réduits à néant. Faute de systèmes racinaires suffisants, il faudra tout reprendre. Pour ce qui est des coûts à supporter, Jean-Pierre Ribeaud se dit prêt à faire un effort. « Ce sera un peu du cas par cas. Les pelouses mises en terre et réussies début mai, on n’a théoriquement plus de garantie à donner sur ces surfaces. » Il compte malgré tout « l’épauler » pour les interventions nécessaires en grattant le terrain pour semer à nouveau. Des travaux qui n’interviendront pas avant le mois de septembre.

Jean-Pierre Ribeaud  : «  Je peux comprendre la déception du privé qui a mis 3'000 ou 4'000 francs pour faire sa pelouse. »

Si la situation est exceptionnelle, elle risque de se reproduire avec le changement climatique. Les paysagistes doivent songer à s’adapter. « On fait des plantations plus profondes depuis quelques années. » Ce procédé n’est pas miraculeux si le temps est comme cette année particulièrement sec, mais le risque d’assèchement de la plante est moins important. Le paysagiste ajoulot compte aussi sur les grainiers suisses qui travaillent à la mise au point de variété de semence plus résistante au climat aride. /rce


 

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