Un audit externe sur la communication entre le Conseil communal et l’administration a été rendu public samedi. Il révèle notamment un manque de compétences et d’éthique, du favoritisme, ainsi qu’un climat de travail qui devient toxique.
La commune des Bois est secouée par de grosses difficultés internes. C’est ce qui ressort d’un audit organisationnel externe mandaté par le Conseil général concernant la communication entre le Conseil communal et l’administration. Une partie du rapport réalisé ce printemps par un cabinet de conseil spécialisé basé dans le canton de Vaud a été rendue publique samedi. L’enquête évoque une suspicion de graves dysfonctionnements au sein de la commune taignone. « Il y a 22 employés de l’administration communale et sept conseillers communaux qui ont été entendus dans cet audit. Le ressenti des employés est donc largement dominant dans la synthèse qui en est faite. Les problèmes évoqués visent davantage les membres du Conseil communal, pas uniquement, mais disons que la fracture dominante se trouve entre les employés de la commune et les conseillers communaux », explique le président du Conseil général de la commune franc-montagnarde Alexandre Bossart, qui précise qu’il n’y a, à sa connaissance, pas d’employé en arrêt maladie, mais qu’une personne a donné sa démission.
De graves dysfonctionnements
Une synthèse des principaux enseignements issus de cet audit met en lumière des difficultés qui semblent désormais structurelles et non ponctuelles. Les principaux dysfonctionnements et préoccupations à surveiller suivants sont évoqués : un manque de compétences, d’éthique, de contrôle et de culture commune, une direction absente et inefficace, du favoritisme qui prend le dessus, des managers qui n’encadrent pas ou plus, une organisation chaotique et un climat de travail qui devient toxique. Alexandre Bossart confirme une atmosphère actuellement « délétère ». Plus précisément, des iniquités de traitement, des humiliations publiques, de l’agressivité verbale, des formes de mobbing et des risques de burn-out ont été rapportés. Les impacts observés sur la commune des Bois sont ainsi d’ordre humain, opérationnel et relationnel.
Des priorités identifiées
Les principaux leviers d’amélioration touchent plusieurs domaines. La gouvernance, avec une clarification des rôles entre le Conseil général, le Conseil communal, les commissions et les responsables. Une vision commune doit être définie, avec une réduction des ingérences. Ensuite, l’organisation doit être clarifiée au niveau de l’organigramme et des responsabilités. Le contexte s’y prête avec le passage de sept à cinq membres au sein de l’exécutif dès 2028. La répartition des charges doit être revue avec des objectifs de résultats. La communication doit, elle, être améliorée à l’interne et comporter des règles claires de fonctionnement et de confidentialité. Enfin, au niveau des ressources humaines, les responsables doivent être formés au management, notamment.
Cette série de mesures devra être discutée par le Conseil général. Il y a trois horizons distincts. « Les mesures à très court terme vont consister à donner un signal aux employés comme quoi leurs doléances ont été entendues. Elles doivent être très rapides pour retrouver de la sérénité. À moyen terme, l’une des pistes est de recourir à un intervenant externe. À plus long terme, deux commissions constituées ce printemps vont avancer dans leurs travaux : l’une d’elles doit notamment recalculer les dotations en personnel, car nous faisons face à des problèmes d’heures supplémentaires, de doublons, etc. ; l’autre est chargée de refondre le cahier des charges des conseillers communaux qui ne seront, à terme, plus que cinq et non plus sept », explique Alexandre Bossart.
Des conséquences inconnues à ce stade
À la question de savoir si cet audit va amener la commune à se séparer de certaines personnes, le président du législatif des Bois ne peut pas apporter de réponse précise. « Il faut désormais que tout le monde tire à la même corde. Le premier sentiment est que ce ne sera pas vraiment le cas… Le train de mesures prévu sera difficilement applicable si le Conseil communal ne le veut pas, parce que le Conseil général ne dispose pas d’outils contraignants, coercitifs. Nous n’avons pas le pouvoir de prendre des mesures radicales », conclut Alexandre Bossart.
De son côté, le maire des Bois Gabriel Bilat a confié à RFJ que le Conseil communal attendait les conclusions écrites des auditeurs pour se réunir et s’exprimer. /comm-emu-jpi








