C’est un des moments les plus attendus de la rentrée littéraire en Suisse romande et en particulier dans l’Arc jurassien. Elisa Shua Dusapin vient de sortir son nouveau livre. La Jurassienne dont les ouvrages sont traduits en 35 langues publie « Sauf la frontière » aux éditions Zoé. Après 4 romans très remarqués, Elisa Shua Dusapin fait son entrée dans un genre où elle n’était pas attendue, celui du récit documentaire. Le livre raconte son séjour au Proche-Orient plongé en plein conflit entre le Hamas palestinien et Israël. Elisa Shua Dusapin a passé plusieurs mois au Proche-Orient et décrit ses rencontres avec des personnes qui vivent concrètement les conséquences des affrontements sur place. « C’était un besoin, même pas politique du tout, mais vraiment très personnel, un besoin d’aller voir ce qu’il se passe sur le terrain, comment vivent les gens qui sont les premiers concernés », relate la Jurassienne. Elisa Shua Dusapin évoque ainsi le conflit à hauteur d’hommes ou de femmes. « C’était une évidence de ne pas me placer en surplomb et je n’avais aucun rapport avec la région donc je me suis sentie encore plus que jamais une étrangère. Paradoxalement, cela m’a libérée parce que j’avais l’impression de pouvoir échanger avec les gens avec cette position de l’extérieur et c’est peut-être pour cela que j’ai eu la chance que les gens me racontent leurs histoires de vie avec une confiance qui m’a bouleversée », indique l’autrice. La date du 7 octobre 2023 sert de point de départ du livre puisqu’Elisa Shua Dusapin se trouvait au Liban, à Beyrouth, au moment de l’attaque du Hamas sur Israël.
Elisa Shua Dusapin : « Je me suis retrouvée dans le théâtre d’une forme de violence que je n’avais jamais connue ou expérimentée physiquement. »
Sous la plume d’Elisa Shua Dusapin, la frontière devient une réalité très concrète et palpable, bien loin de la manière dont elle est vécue en Suisse. Le périple de la Jurassienne au Proche-Orient la confronte également à ses propres frontières personnelles. Elisa Shua Dusapin confie ainsi une part de ses failles intimes avec pudeur et délicatesse. « Je crois qu’il y a des mécanismes universels et c’est cela qui a raisonné en mois. Il y a quelque chose de très humain à reconnaître qu’on n’est pas des surhommes ou des surfemmes. C’était également un mécanisme de défense par rapport à mes craintes au niveau de la réception du livre et une manière d’essayer de montrer que, si j'avais besoin d’aller là-bas, c’était pour des raisons avant tout extrêmement intimes », explique la Jurassienne.
Elisa Shua Dusapin : « J’avais l’intuition qu’il y avait des ressorts communs au niveau humain. »
Le livre d’Elisa Shua Dusapin ne s’arrête pas au récit documentaire mais constitue un réel objet littéraire. La Jurassienne souligne que son travail n’a pas été complètement identique que pour l’écriture de ses quatre premiers ouvrages, des romans. « Il y a des moments où c’était complètement différent à tel point que je me disais que je ne serais pas capable de le faire mais mon éditrice m’a rassurée. En revanche, à partir du moment où j’ai vraiment enclenché l’écriture, il y a eu une forme d’évidence et cela a été très proche de ce qui m’anime d’habitude », affirme l’autrice qui explique aussi que le livre devait initialement s’intituler « Carnets de frontières ».
Elisa Shua Dusapin : « Pour la première fois, je ne passais pas par la métabolisation poétique des choses, c’était vraiment le réel le plus brut. »
Elisa Shua Dusapin entame une tournée de présentation de son nouveau livre « Sauf la frontière » paru aux éditions Zoé. La Jurassienne sera notamment le 2 septembre chez Payot à Neuchâtel, à la FARB à Delémont le 25 septembre et le lendemain à la librairie Page d’Encre ainsi que le 7 novembre au café-librairie La Vouivre à Saignelégier. /fco








