Une séance d’information se tenait mercredi soir à l’attention des commerçants, propriétaires et habitants de l’artère. Les autorités communales et les mandataires ont présenté les premières propositions d’un vaste projet de réaménagement.
L’avenue de la Gare doit devenir une carte postale de Delémont. C’est le credo développé mercredi soir par les autorités communales et les différents spécialistes mandatés dans le cadre d’un projet de réaménagement de cette artère. Une grosse quarantaine de commerçants, propriétaires et habitants du quartier étaient présents lors de cette séance d’information qui se tenait au Centre l'Avenir.
Provisoirement devisé à 7,6 millions de francs, le réaménagement touche à la fois les accès à l’avenue, la circulation, les espaces dédiés aux piétons, la végétalisation, le mobilier urbain, l’éclairage et toutes les infrastructures souterraines situées sous la route, ceci de la place de la Gare jusqu’au collège. Les riverains sont inclus dans un processus participatif qui va se poursuivre ces prochaines semaines.
Circulation maintenue, mais à 20 km/h
Visuellement, le projet table sur une mise à niveau de la bande de circulation et des trottoirs. Ceux-ci, plus larges, seront délimités par des rigoles d’évacuation des eaux ainsi que des zones arborisées selon le principe de la ville éponge. Les eaux pluviales seront infiltrées dans le sol, les arbres plantés en groupes dans des fosses plus grandes, de façon à favoriser la biodiversité et créer un tampon climatique.
La circulation bidirectionnelle est conservée, selon le souhait des commerçants, mais la zone de rencontre qui implique une vitesse de 20 km/h et une priorité aux piétons est étendue de la place de la Gare au collège. Les parkings doivent être mieux signalés, et l’accès à l’avenue de la Gare depuis ceux-ci également. De prochaines discussions permettront d'évoquer d'éventuelles places dépose-minute le long de l'artère.
72% du budget pour le sous-sol
Les estimations actuelles tablent sur un coût global de 7,6 millions de francs, avec une marge de plus ou moins 20%. Sur ce total, plus de 70% serviraient à financer les travaux sur les infrastructures souterraines : les réseaux des eaux usées et potable datent de plus de 70 ans, celui de l’électricité de plus de 50 ans. Des opérateurs de télécommunications en profiteraient également pour rénover, à leurs frais, leurs installations. L’objectif, c’est de ne plus devoir rouvrir la chaussée durant les prochaines décennies. Et le conseiller communal en charge du dossier Emmanuel Koller l'affirme, ces travaux sont en tous les cas indispensables.
Emmanuel Koller : « On veut en faire un lieu de destination. »
Le financement prévoit une subvention de 1,4 million de francs de la part de l’agglomération et de la Confédération ; le montant destiné aux travaux sur les infrastructures souterraines atteint près de 5,5 millions ; resterait donc un investissement de 700'000 francs à charge de l’impôt.
Des craintes et de l’enthousiasme
L’un des volets du projet porte sur l’attractivité commerciale de l'avenue. Déjà entamé, le processus participatif doit permettre de réfléchir à une nouvelle dynamique à insuffler à l’artère une fois rénovée. L’objectif affiché est de faire de cet espace un lieu de destination et non plus un lieu de passage, y amener de la convivialité, des animations pour augmenter sa fréquentation et le potentiel commercial. Des ateliers sont organisés le 29 septembre prochain pour poursuivre cette réflexion.
À l’issue de la présentation, la parole a été laissée aux riverains. Outre de nouvelles critiques, parfois cinglantes, sur l’actuel mobilier urbain qui décidément ne plaît pas, plusieurs personnes se sont inquiétées de l’impact de longs travaux sur leurs affaires et de l’absence de places de parc le long de l’avenue. D’autres craignent les nuisances à venir. Les responsables ont précisé que les travaux, qui dureront entre au moins 18 mois, seront découpés en plusieurs phases et que l’accès aux commerces sera garanti en permanence. Un plan de communication doit accompagner les commerçants durant ces périodes compliquées. Les porteurs du dossier ont par ailleurs rappelé qu’il ne s’agit actuellement que d’intentions, et que des discussions et échanges doivent permettre de développer « ensemble » ce projet. D’autres personnes ont fait part de leur enthousiasme.
Consultant mandaté par la ville pour mener le processus participatif, Frans Rammaert a eu l'occasion de s'entretenir directement avec les principaux concernés. Il évoque un accueil « plutôt positif » du projet, avec toutefois des « points de vigilance », mais veut surtout relever l'opportunité que constitue la démarche pour le quartier et Delémont dans son ensemble.
Frans Rammaert: « Il faut renverser la dynamique de communication. »
Le calendrier prévoit une demande de crédit auprès du Conseil de ville le 30 novembre prochain, et une votation populaire le 28 février 2027. En cas de feu vert citoyen, les travaux pourraient commencer dès fin 2027. /lad










