La nuit dernière, une fusée a décollé du centre spatial de Kourou, en Guyane française emportant deux satellites destinés à enrichir la recherche scientifique. Le reporter en aérospatiale jurassien Roland Keller détaille les objectifs de cette mission depuis Kourou.
La fusée européenne Vega-C est partie du centre spatial de Kourou en Guyane française lundi soir, emportant deux satellites de l’agence spatiale européenne. Une mission « importante pour l’agence spatiale européenne » précise le journaliste en aérospatiale et ingénieur jurassien Roland Keller. Les deux satellites sont destinés à mieux détecter les épisodes extrêmes liés au dérèglement climatique. L'un est notamment dédié à la santé des plantes. « Actuellement on peut mesurer les plantes, la forêt, la végétation avec d’autres moyens, mais le satellite étant à une certaine altitude, a une grande vue d’ensemble »
Dans un ciel partiellement voilé, le lanceur léger, lesté de 1,5 tonne de charge utile, a rapidement dépassé l'atmosphère après avoir décollé lundi à 22h21 (03h21 en Suisse), a constaté sur place un correspondant de l'AFP.
Opéré par l'italien Avio, ce vol doit placer les deux satellites sur la même orbite héliosynchrone, à environ 820 km d'altitude, près de deux heures après le décollage.
Rolland Keller : « C’est important de pouvoir avoir ces données »
L’impact du réchauffement climatique sur la végétation dans le viseur
Développé par Thales Alenia Space pour le compte de l'Agence spatiale européenne (ESA), le premier satellite, Flex (FLuorescence EXplorer), fournira des données sur l'impact des vagues de chaleur sur la végétation et la santé des écosystèmes mondiaux.
Grâce à son spectromètre d'imagerie, il surveillera la fluorescence, cette lumière rouge émise par les plantes lorsqu'elles réalisent la photosynthèse, un processus par lequel elles absorbent le CO2 et, grâce à l'eau et à la lumière, le transforment en énergie nécessaire à leur croissance tout en libérant de l'oxygène dans l'air.
Flex est lancé en même temps et mis sur la même orbite que Sentinel-3C, un satellite du programme « Copernicus » d'observation de la Terre de la Commission européenne, qui embarque plusieurs instruments sophistiqués mesurant l'environnement océanique (température, couleur, hauteur des vagues, courants marins), mais aussi l'occupation et l'usage des sols pour optimiser les rendements et prévenir les crises alimentaires.
Une mission « complémentaire » à celle du satellite Flex, selon Dirk Bernaerts, responsable de la mission d'exploration de la Terre de l'Agence spatiale européenne.
Selon le reporter en aérospatial jurassien les données recueillies par les deux appareils sont d’une grande importance : « elles donnent beaucoup plus de précisions pour pouvoir aller plus loin dans les recherches ». /ATS-jmp-mlm










