Le Gouvernement et un groupe américain ont signé une déclaration d’intention dans le but d’implanter un site de production autour de la sécurisation de semi-conducteurs privés dans le Jura avec de 150 à plus de 250 emplois à la clef.
Le Jura pourrait accueillir un important centre de production de semi-conducteurs sécurisés. Le Gouvernement a signé une déclaration d’intention en ce sens avec un groupe américain, WISeKey International Holding, et sa filiale, SEALSQ Corp, actives dans la sécurisation de puces électroniques. L’annonce a été faite ce lundi dans un communiqué de la société américaine et un autre du canton du Jura. Un site de production pourrait ainsi s’implanter dans le Jura, ce qui pourrait mener à la création de « 150 emplois qualifiés dans un horizon de 5 ans et plus de 250 à terme ». « Au moins 60% des postes devraient être pourvus par des résidents du canton », précise le communiqué de WISeKey. L’investissement nécessaire se situe « entre 40 et 60 millions de francs ».
Un groupe de travail avec le groupe concerné et le canton du Jura a été mis sur pied. Il a pour tâche de préciser le modèle économique du site, sa future localisation sur le territoire cantonal, la disponibilité de la main-d’œuvre, les liens avec les entreprises régionales et les questions fiscales. Un éventuel partenariat public-privé sera également étudié, au vu du caractère stratégique national du projet. Des discussions devront ainsi avoir lieu avec la Confédération, notamment avec le secteur de la défense. Le ministre jurassien de l’Économie ne cache pas sa satisfaction et souligne qu’il s’agit d’une première annonce « qui démontre que le canton du Jura peut se montrer attractif pour attirer ce genre d’entreprises ». La décision finale reviendra au groupe américain mais Stéphane Theurillat estime que les chances de voir le projet se concrétiser se situent « à 7 ou 8 sur 10 ». Les premiers contacts ont été établis en mai dernier.
Deux scénarios d’implantation de l’entreprise sont actuellement sur la table. Le premier comprend l’arrivée de collaborateurs dès l’année prochaine dans des locaux existants puis la réalisation du nouveau site d’ici deux à trois ans. Le second scénario prévoit une construction directe dans le même laps de temps. Stéphane Theurillat relève également que le projet s’inscrit parfaitement dans les objectifs du Gouvernement pour la législature 2026-2030. « C’est un domaine qui est complémentaire à notre ADN jurassien, soit l’horlogerie et la microtechnique, et cette entreprise va créer des postes à haute valeur ajoutée, c’est ce que nous souhaitons pour attirer des Jurassiens de l’extérieur qui reviennent ou des personnes qui viennent s’établir dans le canton du Jura avec des postes intéressants du point de vue financier », relève Stéphane Theurillat qui espère « un effet boule de neige » pour attirer des entreprises. « Nous avons des discussions avec d’autres projets », indique le ministre jurassien de l’Économie.
Stéphane Theurillat : « Cette annonce est un premier point très réjouissant car il démontre que nous sommes positionnés clairement sur ce dossier. »
La société SEALSQ Corp est cotée en bourse aux États-Unis et son siège social se situe à Genève. Elle a développé une technologie innovante dans le domaine des puces électroniques. Le système vise à sécuriser les semi-conducteurs en prévision du développement des ordonnateurs quantiques qui seront capables de briser l’ensemble des systèmes de sécurité informatique actuelle grâce à leur puissance de calcul. Le site envisagé dans le Jura aura pour fonction d’intégrer des sécurités cryptographiques dans les semi-conducteurs, de les personnaliser, de les tester et de les certifier. Il s’agit d’un domaine stratégique en termes de souveraineté numérique. /comm-fco









