Ils attendent pour certains depuis plus de deux ans pour obtenir une place en crèche pour leur enfant. Des parents ont lancé une pétition aux Breuleux et villages alentours aux Franches-Montagnes, fatigués par le parcours du combattant auquel il se livre pour trouver une solution de placement. « J’ai inscrit mes deux filles à la crèche des Breuleux depuis que l’on a emménagé à Muriaux il y a deux ans et demi. Je n’ai toujours pas de places parce que la commune de Muriaux n’est pas prioritaire, ils préfèrent privilégier les habitants des Breuleux, ce que je comprends. Je me suis aussi inscrite aux crèches des Bois, du Noirmont et de Saignlégier, mais il n'y a pas de places non plus avant 2027, sans certitudes », se désole Jessica Salgat à l’origine de la pétition.
Parents désemparés, structures d’accueil saturées
Le texte évoque une crèche et UAPE « saturées » aux Breuleux, tandis que la commune de Muriaux est dépourvue de toute structure d’accueil. Plusieurs familles vivent le même désarroi et la Maison de l’enfance des Breuleux, qui dispose d’une autorisation cantonale pour 44 enfants, reconnait un manque de place. Plus d’une quinzaine de familles se retrouvent sur liste d’attente selon sa directrice Marie Lanz qui affirme avoir tenté de résoudre le problème.
« Le canton doit subventionner ces places, et c’est là que le bât blesse »
« Il y a eu une proposition d’agrandissement physique de la crèche, mais pour un tel projet il faut une autorisation cantonale. J’ai dans mes locaux une salle qui me permettrait d’accueillir des écoliers supplémentaires sur les temps de midi qui posent problème. La commune y serait favorable, mais je n’ai pas d’autorisation pour avoir 15 places supplémentaires. Le canton doit subventionner ces places à hauteur de deux tiers environ, et c’est là que le bât blesse. J’ai fait la demande au canton pour accueillir plus d’enfants sur le temps de midi, mais la réponse est non parce que c’est un problème de subvention. Donc ce n’est ni de la responsabilité des communes, ni des directions », expose Marie Lanz. Une vision partagée par la conseillère communale des Breuleux en charge de la crèche et de l’UAPE, Malika Chatelain. L’élue confie même avoir signé la pétition par solidarité avec les familles et confirme que le blocage « vient du canton ». Ce que dément le Service de l’action sociale. « À ma connaissance, nous n’avons pas reçu de dossier formel de la part des Breuleux », s’étonne Julien Cattin, adjoint à la cheffe de service qui précise avoir connaissance depuis plusieurs mois de l’existence de listes d’attentes aux Breuleux.
« L’argument financier n’est pas prépondérant » rétorque le Service de l’action sociale
« Se prononcer sur des créations de places présuppose déjà de recevoir un dossier. On l’étudie ensuite pour définir s’il existe bien un besoin non satisfait dans la région concernée. Si c’est le cas, on préavise ce dossier avant de le transmettre au Gouvernement jurassien qui décide ou non la création de nouvelles places ». Julien Cattin reconnait que la création de places « coûte de l’argent au canton, mais des études montrent qu’une place en structure d’accueil est rentable et rapporte en général quatre fois plus que l’investissement parce que cela libère des parents qui peuvent aller travailler. L’argument financier existe, mais il n’est pas prépondérant et a rarement été utilisé pour refuser complètement une création de places, je n’ai pas souvenir que cela ait été le cas dans le cas présent », précise encore le responsable de domaine au sein du Service de l’action sociale. Face à ces propos, la directrice de la Maison de l’enfance Marie Lanz précise qu’aucune « demande formelle » n’a été faite, mais qu’elle avait été informée oralement par un collaborateur du SAS « que cela ne servirait à rien, car la situation financière du canton ne le permettait pas ». Plusieurs acteurs s’étonnent par ailleurs, malgré l’importance de l’enjeu, que le programme de législature présenté par le Gouvernement ne fasse pas état des structures d’accueil. /jpi









