Le 12 octobre 1996, le groupe Bélier mène une opération à Longeau dans le canton de Berne. Les militants dérobent une roue à aubes en bois pour la rapatrier dans le Jura. L’objet est devenu un symbole de l’identité jurassienne.
Son histoire aurait pu être tout à fait banale… mais le destin de la roue de Bollement en a décidé autrement. Tout commence en 1514, à Bollement, près de Saint-Brais. Un moulin y est autorisé par le Chapitre de Saint-Ursanne. Au fil des siècles, le site devient un centre économique important pour la région. Mais en 1972, le moulin et la scierie sont démolis par l’armée suisse, sur ordre de l’État de Berne. La roue en bois disparaît alors du Jura. Des militaires l’emportent, avant qu’elle ne soit vendue à un architecte biennois, qui la fait fixer au mur de la banque cantonale bernoise à Longeau.
Cette roue devient le symbole d’une mémoire dont les Jurassiens estiment avoir été dépossédés. C’est ainsi que le 12 octobre 1996, le Groupe Bélier, qui a retrouvé la trace de l’objet, mène une opération et décroche la roue de la façade de la banque pour la ramener en territoire jurassien. La roue de Bollement vivra cachée jusqu’en 2010. La commune de St-Brais et le groupe Bélier ont décidé d’en faire un monument. Le lieu est dédié à la mémoire de Christophe Bader, jeune militant décédé en 1993, en tentant de poser une bombe à Berne. /tna









