Le patrimoine archéologique de Moutier est arrivé dans le Jura

Des milliers d’objets ont été transférés ce mercredi de Bümpliz à Porrentruy. À la suite du ...
Le patrimoine archéologique de Moutier est arrivé dans le Jura

Des milliers d’objets ont été transférés ce mercredi de Bümpliz à Porrentruy. À la suite du changement d’appartenance cantonale de Moutier, ces vestiges seront désormais conservés dans le canton du Jura.

L'archéologue cantonale, Céline Robert-Charrue Linder a réceptionné les quelque 76 caisses en provenance de Bümpliz ce mercredi à Porrentruy. L'archéologue cantonale, Céline Robert-Charrue Linder a réceptionné les quelque 76 caisses en provenance de Bümpliz ce mercredi à Porrentruy.

C’est un peu un cadeau de Noël avant l’heure qui a été livré ce mercredi à Porrentruy. Le Service cantonal jurassien d’archéologie et de paléontologie a reçu la collection d’objets archéologiques provenant de Moutier. Ces milliers de vestiges, découverts lors de fouilles archéologiques dans la cité prévôtoise, étaient jusqu’alors conservés au Service archéologique du canton de Berne, à Bümpliz. Mais en raison du changement d’appartenance cantonale de Moutier, la loi prévoit leur transfert.

Plus de 76 caisses contenant des milliers de vestiges ont ainsi été acheminées au Centre de recherche et de conservation de Porrentruy. Les objets les plus fragiles y seront conservés, tandis que les autres rejoindront les locaux de stockage situés au château.

Les pièces proviennent principalement du Moyen Âge, notamment de la période qui suit la fondation du monastère de Moutier-Grandval. « On retrouve notamment de la céramique, des objets de la vie usuelle, voire de l’artisanat, explique Céline Robert-Charrue Linder, archéologue cantonale. Il y a également des enduits peints, ainsi que des ossements humains. Sans compter toutes les découvertes que l’on va faire en ouvrant les quelques 76 caisses qui nous sont parvenues ! »

Céline Robert-Charrue Linder : « On a essentiellement des objets qui datent de la création du monastère de Moutier-Grandval. »

Des objets de la vie de tous les jours

Parmi les milliers d’objets transférés, certains sont particulièrement remarquables, à l’image de semelles en cuir datant du Moyen Âge. Le sol de Moutier a joué un rôle clé dans leur conservation. « Normalement, dans nos sols jurassiens, les matériaux organiques ne se conservent pas. Il faut des conditions exceptionnelles pour que le cuir soit conservé. Il faut qu’il soit à l’abri de l’atmosphère et c’est souvent l’eau qui joue ce rôle d’isolant, un peu comme à St-Ursanne », explique Ursule Babey, responsable des études archéologiques.

Ces semelles ont été congelées à Berne afin d’assurer leur stabilité dans l’attente de leur traitement. Ces précieux morceaux de cuir sont désormais confiés à Martine Rochat, conservatrice-restauratrice au JURASSICA Museum. Ils seront décongelés, puis séchés lentement avant d’être traités.

Ursule Babey : « Il faut des conditions exceptionnelles pour que le cuir soit conservé. »

Vers une mise en valeur

Un important travail de tri et de documentation attend désormais les services cantonaux de l’archéologie. Ils devront notamment comparer les inventaires transmis par les services bernois avec le contenu des caisses. Chaque objet devra être numéroté avant d’être intégré aux collections jurassiennes.

À terme, l’objectif est également de mettre ces vestiges en valeur et de les faire découvrir au public. « Notre mission première c’est la restitution au grand public. On a à cœur de montrer ce qu’on fait. On a la chance d’avoir un dépôt visitable dans nos sous-sols avec des vitrines dans lesquelles on expose l’actualité archéologique. Et puis on espère pouvoir faire des portes ouvertes pour que les habitants de Moutier et du Jura tout entier puissent voir ce qui a été trouvé in situ. » /tna

Céline Robert-Charrue Linder : « Notre mission première c’est la restitution au grand public. »


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