Les ressources du Tabeillon sont suffisantes pour alimenter en eau le projet de géothermie profonde hors des périodes de sècheresse. Le Gouvernement jurassien a apporté des précisions en réponse à une question écrite de la députée Jelica Aubry-Janketic (PS). L’élue socialiste s’inquiétait de l’utilisation de cette ressource, notamment pour la phase de stimulation hydraulique à Glovelier, dans un contexte de pénurie d'eau comme cet été. L’exécutif rassure quant aux garde-fous existants.
Le Tabeillon a le volume d’eau suffisant
Les besoins en eaux pour la phase de stimulation sont estimés entre 100'000 et 260'000 m3. C’est moins qu’annoncé dans les documents du plan spécial, grâce à des données affinées lors de la phase 1 d’exploration. Selon le promoteur, les besoins pour les prochaines étapes sont moins importants, car les flux se feront surtout en circuit fermé. Au niveau des ressources du Tabeillon, la station de mesure a relevé un volume d’eau d’environ 4'600'000 m3 entre septembre 2025 et septembre 2026, période qui comprend l’épisode de sècheresse des derniers mois. Si la phase de stimulation nécessitait le total du volume maximal estimé, cela représenterait environ 5,7% de l’eau écoulée dans la rivière durant les douze derniers mois.
Les moyens de préserver les milieux naturels et d’assurer l’approvisionnement en eau potable
La protection des milieux naturels est garantie par la concession délivrée par l’Office de l’environnement. Celle-ci prévoit un débit minimal de 75 litres par secondes dans le cours d’eau. Avec ce critère, il n’aurait plus été possible de faire de prélèvement depuis la fin du mois d’avril cette année. Les besoins en eau des opérations de stimulation sont principalement concentrés sur deux phases d’environ six mois. En dehors des périodes de sècheresse ou d’étiage, en général comprises entre avril et novembre, l’eau peut donc être disponible en quantité suffisante. Concernant l’alimentation en eau potable, les restrictions d’usage sur le réseau sont du ressort des distributeurs, en l’occurrence de la commune de Haute-Sorne, qui n’en a pas décrétées cet été par exemple. Le canton dispose, lui, de compétences particulières en cas de pénurie grave. Enfin, le Gouvernement souligne que le projet de géothermie profonde n’aura pas de traitement de faveur par rapport à d’autres activités industrielles.
Par ailleurs, en lien avec l’évolution du climat, le Gouvernement jurassien indique qu’une révision de la loi cantonale sur la gestion des eaux est envisagée, notamment pour mieux encadrer les ressources, prioriser les usages et gérer les épisodes de sècheresse. Les nouvelles bases légales ne seront toutefois pas rétroactives. /emu









