Garder une trace de l’histoire des militantes jurassiennes

Huit femmes ont accepté de livrer leur version du combat jurassien. L’Association féminine ...
Garder une trace de l’histoire des militantes jurassiennes

Huit femmes ont accepté de livrer leur version du combat jurassien. L’Association féminine de défense du Jura a recueilli leur témoignage pour garder une trace de leur participation à l’émancipation du Jura et de la femme.

Les premières membres de l'AFDJ prennent la pose.  (photo : archives de l’Association féminine pour la défense du Jura). Les premières membres de l'AFDJ prennent la pose.  (photo : archives de l’Association féminine pour la défense du Jura).

La Question jurassienne a aussi pu compter sur des militantes. Bien souvent les femmes se sont retrouvées au second plan, alors qu’elles ont aussi contribué à l’indépendance du canton. À l’occasion de son 60e anniversaire, l’Association féminine de défense du Jura a voulu les mettre à l’honneur en recueillant le témoignage de huit d’entre elles. Des militantes qui dès les années 1960 ont porté la cause jurassienne, mais aussi celle de l’émancipation des femmes. Alors que l’histoire ne retient souvent d’elles que leur talent de pâtissière et de récolte de fonds, ce travail est un devoir de mémoire, selon Anne Béguelin-Prélaz, membre du comité de l’AFDJ. « L’histoire est souvent écrite par les hommes et les femmes sont presque absentes », constate la caissière de l’association, « si on veut mettre les femmes en avant, on doit recueillir ces témoignages nous-mêmes ».

Anne Béguelin-Prélaz : « On les a laissés raconter la manière dont elles ont vécu la Question jurassienne, mais aussi l’évolution de la société. »

Une double cause

Grâce au prix décerné par la Fondation Léchot-Légobbé, l’AFDJ a dès 2023 recherché ces militantes de la première heure. Huit d’entre elles ont accepté de témoigner : Ghislaine Guéniat, Danielle Munier Donzé, Suzanne Ioset, Guite Theurillat, Mariethé Aubry Mertenat, Mathilde Jolidon, Andrée Aubry et Marie-Claire Grimm. Elles ont livré leur récit, leurs anecdotes, leur manière de vivre cette période. Ces femmes ont mené un double combat, pour la cause jurassienne et pour l’émancipation des femmes. À la création de l’AFDJ en 1963, ces dernières n’avaient pas encore le droit de vote et étaient souvent cantonnées à des rôles de ménagères. Donner son avis, être présente dans des partis politiques, manifester dans les rues, autant d’actes citoyens qui étaient mal vus par la société. « Pour pouvoir être actrice, il fallait au moins avoir le droit de vote », relève Anne Béguelin-Prélaz.

Extraits des témoignages

Essuyer les plâtres

La membre du comité de l’AFDJ considère ces femmes comme des pionnières : « elles ont essuyé les plâtres ». Ces militantes se sont parfois fait insulter et reprocher de ne pas être auprès de leur famille. « En faisant évoluer la société, c’est pour leurs enfants, ce n’est plus pour elles. Elles veulent que leurs enfants aient une vie plus égalitaire », explique la Prévôtoise : « moi je les remercie pour tout ce qu’elles ont pu faire évoluer dans la société, avec les hommes aussi ». /ncp


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