Marie Marthe Jerwan, une Suisse rescapée du Titanic

Un siècle et le souvenir de la tragédie reste pourtant bien vivace. Dans la nuit du 14 au 15 ...
Marie Marthe Jerwan, une Suisse rescapée du Titanic

Marie Marthe Jerwan, rescapée du Titanic Marie Marthe Jerwan, rescapée du Titanic

Un siècle et le souvenir de la tragédie reste pourtant bien vivace. Dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, le paquebot le plus grand jamais construit jusque-là, réputé insubmersible, brisait sa coque contre un iceberg et s’enfonçait dans les flots glacés de l’Océan Atlantique. Le fameux Titanic transportait cette nuit-là plus de 2'000 personnes. Seuls 700 passagers environ en ont réchappé.

Parmi eux quelques Suisses, à l’instar de Marie Marthe Jerwan, née Thuillard au Mont-de-Couvet dans le canton de Neuchâtel. La jeune femme de 23 ans réussit à embarquer dans l’un des canots, et ensuite à bord du Carpathia, venu à la rescousse. Très choquée par l’accident, Marie Marthe Jerwan eu besoin d’un peu de temps avant de pouvoir raconter le naufrage. Elle le fit par écrit, dans des lettres qu’elle envoya à sa sœur restée en Suisse, puis n’évoqua plus jamais ces souvenirs trop éprouvants. Son récit, qui émut toute sa famille et ses amis, fut publié en 1913 dans le Courrier du Val de Travers.

Aujourd’hui, sa petite-nièce Daisy Barbey vit à Lausanne. Elle se remémore son enfance bercée par la tragédie et cette grand-tante d’Amérique qui lui envoyait de gros paquets. Elle aime ressortir le petit cahier d’une vingtaine de pages et qui porte les mots de sa grand-tante. Elle avoue que malgré le temps écoulé, l’émotion l’envahit encore à la lecture de ce texte si poignant. En voici un extrait :

« Nous nous éloignâmes toujours plus du Titanic, car nous craignions qu'en sombrant il ne nous engloutît aussi. Peu à peu les lumières disparurent les unes après les autres, puis on n'aperçut plus qu'une masse noire. La proue était déjà submergée. On entendit encore les musiciens du bateau exécuter le beau cantique : « Plus près de Toi mon Dieu », auquel nous nous joignîmes de tout note cœur. Quel héroïsme que de rester ainsi à leur poste et de donner du courage aux malheureux qui allaient mourir, en jouant ce chant si beau et si solennel.

Quelques instants plus tard un grand bruit se fit entendre quand l'eau pénétra dans les chaudières, mais sans explosion, malgré le dire de certaines personnes. Les mécaniciens restèrent tous à leur poste jusqu'au moment où ils constatèrent que leur tâche était finie.
Le bateau se brisa, il ne restait plus que la proue qui se dressa quelques minutes encore comme un pic et tout fut fini et le Titanic disparut à jamais dans le gouffre meurtrier.

C'était un moment horrible, inoubliable ; on aurait voulu pouvoir se boucher les oreilles afin de ne pas entendre ces clameurs indescriptibles poussées par plus d'un millier de malheureux pour lesquels il n'y avait plus d'espoir de secours. Je sentis mon sang se glacé dans mes veines, et c'est alors que nous comprîmes réellement combien nous étions privilégiés. » /iqu

 


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