Bas-marais et hautes discussions

Les marais de Damphreux sont au cœur d'une audience devant la juge administrative à Porrentruy ...
Bas-marais et hautes discussions

Entrée dans la zone de bas-marais de Damphreux Entrée dans la zone de bas-marais de Damphreux

Les marais de Damphreux étaient jeudi au cœur d'une audience devant la juge administrative à Porrentruy. La Fondation des marais recourt actuellement contre la création d'une desserte agricole en béton. Cette fondation a été constituée pour protéger cette zone et a acquis une trentaine d’hectares. Le chemin traverse une zone marécageuse d'importance nationale. Le remaniement parcellaire a été commencé en 1998. Il ne reste que ce passage, devant la Voivre, à aménager. Ce tracé existe déjà mais dans le cadre du remaniement  de la commune, il sera consolidé avec des dalles en béton.

L’audience s’est d’abord déroulée sur les lieux, à l’intérieur du bas-marais de Pratchie à Damphreux. Une quinzaine de personnes étaient présentes : les membres de la commission d’estimation du Syndicat d’amélioration foncière, ceux de la Fondation des marais de Damphreux, les responsables de la protection de la nature, de la forêt, et de l’économie rurale du canton du Jura, l’ingénieur du bureau technique, et bien sûr la juge administrative et sa greffière.

Au cœur du bas-marais

Nous avons marché ensemble sur un chemin empierré détrempé. Le tracé fait office de drain. L’eau stagne dans les ornières creusées par le trafic agricole, et butte contre la bande herbeuse du centre. Le ruissellement s’écoule le long du chemin et ne s’infiltre pas dans les marais. Tous sont d’accord pour admettre que la situation est néfaste pour cet écosystème. L’enjeu est de savoir si l’eau coule principalement en surface ou en subsurface, soit une vingtaine de centimètre en terre. La question à laquelle la juge devra répondre: est-ce que ce chemin va continuer de perturber cette zone marécageuse?

Chemin : nœud du problème

Le projet de la commission d’estimation du syndicat d’amélioration foncière (SAF) est d’aménager un chemin en dalle de béton qui permettrait à l’eau de ruisseler par-dessus pour rejoindre la zone marécageuse en aval. La fondation des marais de Damphreux s’oppose à cette desserte. Pour ses membres, l’eau en subsurface est stoppée par les fondations du chemin et stagne, sans alimenter les marais. Le canton défend la position du SAF. Pour le responsable du domaine nature, Laurent Gogniat, le chemin est marais compatible. Cette solution permettrait d’alimenter en eau cette zone marécageuse. La fondation propose un autre tracé en amont des terres cultivables, à l’intérieur de la forêt. Cette proposition ne satisfait pas les agriculteurs.

Zone tampon

Un agrandissement de la zone tampon est prévu par le remaniement parcellaire en amont du chemin sur une vingtaine de mètres à l’intérieur des terres cultivables. Cette zone est un filtre pour les eaux qui arrivent dans le marais. Elle limite les effets des activités émise à l’extérieur du bas-marais (azote, phosphore, et autre). L’utilisation agricole de cette zone est limitée, c’est une prairie extensive. L’exploitant a l’interdiction de labourer et ne doit faucher que deux fois par an.

En salle d’audience

L’avocat de la fondation des marais requiert des expertises supplémentaires, pour définir si l’écoulement principal est de surface ou de subsurface.

C’est à la juge de déterminer la meilleure solution entre les intérêts de la fondation et ceux des agriculteurs. Le jugement est reporté dans l'attente du complément de preuves. /nqu

 


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