Les chauffeurs de bus se font entendre à Delémont. Jeudi matin, une centaine d’entre eux se sont réunis devant la gare de la capitale jurassienne à l’appel de Syndicom et du syndicat du personnel des transports, le SEV. Ces derniers s’inquiètent de la mise au concours du réseau de bus dans le canton. Selon eux, cette situation fait courir de gros risques aux chauffeurs, notamment en ce qui concerne les salaires.
Quelle base pour la nouvelle CCT ?
L’un des points soulevés jeudi matin concernait l’éventuelle nouvelle convention collective de travail (CCT). Les syndicats avaient demandé que la CCT en vigueur et le salaire moyen dans le Jura (72'000 francs par année) servent de base pour la nouvelle. Le Gouvernement s’était d’ailleurs prononcé en faveur de cette proposition. Mais sa position est devenue moins claire, selon les syndicats. « Une réponse du Gouvernement jurassien à une question écrite nous confirme que ni les salaires moyens ni les CCT de CarPostal et des Chemins de fer du Jura (ndlr : qui exploitent les lignes mises au concours) ne sont pris en considération dans les critères d’adjudication, a expliqué Sheila Winkler, secrétaire centrale à Syndicom. En lieu et place, on se réfère au salaire minimum usuel dans la branche de 58'300 francs, ce qui représente une baisse de 25% par rapport aux salaires en vigueur dans la région actuellement. Et cela nous inquiète. »
Les syndicats ont déclaré qu'ils seraient prêts à aller plus loin si « les appels d'offres devaient déboucher sur une détérioration des conditions de travail ou même entraîner des licenciements parce qu'ils sont remplacés par du personnel meilleur marché venant de Suisse ou de l'étranger. »
Les chauffeurs inquiets pour leurs conditions de vie
Ils étaient environ 100 à s’être rassemblés devant la gare de Delémont jeudi matin. « Tous les chauffeurs qui ne travaillent pas ou qui ont pu se libérer sont là » nous a-t-on dit. Et ceux qui étaient de service ont manifesté leur soutien à l’aide de quelques coups de klaxon au moment de passer devant le rassemblement.
L’inquiétude principale concerne les salaires. Certains chauffeurs nous ont confié qu’ils ne sauraient pas comment faire face à une baisse de revenu de 25%. D’autres s’inquiètent également de voir leurs conditions de travail se dégrader à l’arrivée d’un nouvel exploitant. /tna









