L’époque est à la réflexion du côté de l’Association jurassienne des communes (AJC). L’organe, dont la présidence et la vice-présidence sont vacantes depuis plusieurs mois, cherche aujourd’hui à redéfinir ses missions. Son comité constate un désintérêt croissant de certains maires et a mandaté un rapport à Jean-Louis Sangsue, l’ancien chef du Service jurassien des communes, afin de repenser son mode de fonctionnement.
« Il y a eu un glissement ces dernières années, nous a confié le maire d’une petite commune. L’AJC croule sous les consultations des services de l’Etat. Nous ne sommes pas tous outillés pour gérer ces rapports techniques, mais le canton peut ainsi dire qu’il a demandé notre avis ». Certains maires aimeraient bien retourner à une structure plus simple, à l’image d’un syndicat, avec le risque que son rôle se limite à celui de porte-parole. « Si l’AJC devient une simple chambre d’enregistrement des décisions cantonales, elle n’aura plus sa raison d’être », répond Vincent Wermeille, maire de Saignelégier, qui a assuré la présidence ad-intérim entre le début de l’année 2020 et l’été 2021. L’association a déjà débloqué 35'000 francs au printemps pour se doter d’un appui scientifique, technique ou juridique, et certains veulent aujourd’hui prolonger le mouvement.
Les questions qui fâchent
Le très technique dossier de la répartition des tâches et des charges entre canton et communes illustre bien les divergences qui peuvent exister entre les différents échelons administratifs et les districts. « Le dossier a crispé, et a amené une certaine frustration, admet Gabriel Voirol, le maire de Porrentruy. L’AJC n’a pas les mêmes mandats qu’un organe comme le Syndicat intercommunal du district de Porrentruy (SIDP), mais son utilité est certaine, même si ses missions ne sont aujourd’hui pas tout à fait claires ». Même son de cloche du côté de la Vallée de Delémont. Damien Chappuis, note lui aussi la nécessité de redéfinir le rôle de l’AJC, alors que sa commune est représentée dans plusieurs autres organes, comme l’agglo de Delémont ou l’Association des maires et présidents de bourgeoisies du district de Delémont (AMDD). Le maire de la capitale relève aussi que la pandémie a quelque peu freiné les discussions : « Ce n’est pas une excuse, mais les tours de table par email ou visioconférences interposées ne permettent pas les mêmes débats ».
Les conclusions du rapport mandaté par le comité de l’AJC devraient être connues à la mi-novembre. Beaucoup espère qu’il contiendra des propositions concrètes qui permettront de rallumer l’étincelle. /vja









