Un groupe de travail mandaté par le Gouvernement jurassien a soumis plusieurs actions à mener pour diminuer les risques d’attaques du loup contre le bétail. Le canton co-finance les frais de matériel pour les éleveurs
Pour se protéger du loup, les éleveurs de bétail peuvent compter sur le canton du Jura. Le prédateur est officiellement de retour dans la région depuis l’automne dernier et a été l’auteur de plusieurs attaques. Un groupe de travail constitué par le Gouvernement propose mercredi une série de mesures pour réduire les risques d’agression contre les troupeaux. D’après des analyses réalisées cet hiver, tous les pâturages ne pourront pas être protégés par des barrières ou gardés par des chiens. Mais des actions à court terme vont être entreprises dans des zones particulièrement exposées.
Renforcer les clôtures
La priorité sera donnée aux exploitations agricoles jugées à risque ou déjà victimes d’attaques du loup. Le canton a compté une centaine de parcelles qui répondent à ce critère. Elles sont situées dans les côtes du Doubs, le Vallon de Soulce et le Val Terbi. Depuis l’automne dernier, le loup a attaqué mortellement treize moutons et trois chèvres, dans quatre exploitations distinctes à Soubey et le long du Doubs. Cet hiver, même si le prédateur a laissé des traces dans la neige, il n’a pas fait de victime parmi les animaux de rente.
Selon le canton, les clôtures conventionnelles ne dissuadent pas assez le prédateur. Elles seront donc renforcées. L’installation de barrières à cinq fils ou de filets électrifiés, de plus d’un mètre de haut, est nécessaire dans les parcelles les plus à découvert. Les pâturages déjà protégés par un treillis métallique pourront, de leur côté, ajouter un ruban électrifié. La Fondation Rurale Interjurassienne s’approchera prochainement des éleveurs pour donner les détails et la mise en application des mesures, précise le canton.
De l’argent et des bras
Ces mesures ont évidemment un coût. L’Etat jurassien s’engage à co-financer les frais de matériel avec le soutien de la Confédération et du WWF notamment. Il prévoit aussi de fournir une aide en main-d’œuvre pour les travaux d’installation des protections. Ce point-là est en cours de prospection. Et puis il existe déjà un système d’alerte en cas d’attaque ou de présence du loup. Cet outil sera amélioré notamment pour les événements près de la frontière française ou dans les cantons voisins.
Le renforcement de la sécurité autour des troupeaux doit ainsi permettre d’assurer une cohabitation durable avec le loup et offrir aux éleveurs et leur bétail un sommeil plus serein. /comm-nmy









