Les incertitudes financières ont finalement eu raison de l’école catholique de Sainte-Ursule à Porrentruy. Le Conseil de fondation confirme ce vendredi que Sainte-Ursule ne rouvrira pas ses portes à la rentrée prochaine, un mois après avoir annoncé sa fermeture. Malgré des garanties d’appuis financiers, notamment de mécènes et de la Municipalité de Porrentruy, permettant de démarrer une nouvelle année scolaire, le Conseil a finalement renoncé.
La voix de la communauté de Sainte-Ursule a été prépondérante
« C’est surtout en raison de l’incertitude qui entoure l’avenir. On avait un concept qui s’étalait sur trois ans et devait permettre de redonner une dynamique, sans aucune garantie qu’il aboutisse. Pour que ce soit viable économiquement pour l’école, il faut 120 élèves. On est parti avec un scénario à 80 voire même 60, c’est pour cela qu’il fallait énormément d’argent parce que la première année amenait à un déficit de 300'000 francs. Mais la théorie du million nous permettait d’atteindre un équilibre au bout de trois ans avec 120 élèves », explique le président du Conseil de fondation Henri-Joseph Theubet. Une majorité du Conseil de fondation souhaitait garantir l’ouverture de l’école Sainte-Ursule, mais elle n’a pas réussi à obtenir l’unanimité. « La poursuite de l’activité ne pouvait être envisagée que s’il y avait une adhésion unanime du conseil. Dès l’instant où il y avait un doute, surtout celui de la congrégation vu que ce sont les Sœurs de Sainte-Ursule qui ont fait cette école, on ne pouvait pas se permettre de passer outre cette volonté. On avait deux visions différentes et j’étais prêt à prendre le risque », confie la mort dans l’âme Henri-Joseph Theubet.
Henri-Joseph Theubet : « J’étais prêt à prendre le risque »
La voix de la Supérieure générale des sœurs de Sainte-Ursule de Fribourg a donc pesé lourd dans cette décision. Pour Marie-Brigitte Seeholzer, dire « stop » maintenant était une manière de se rendre à l’évidence. « Il y a quelque chose de cet ordre-là en effet. La décision est de ne pas engager les personnes plus en avant dans un projet d’avenir qui, oui, aurait pu peut-être réussir mais qui pouvait aussi s’effriter encore davantage pour aboutir à une fin en queue de poisson très malheureuse finalement. Depuis cinq ou six ans, le nombre d’élèves n’a cessé de diminuer. De mon point de vue, le risque était trop grand, ou les chances trop minimes », avance Marie-Brigitte Seeholzer qui dépeint plus globalement un modèle de l’école privée qui s’essouffle face aux changements de la société. Le nombre d’élèves à Sainte-Ursule est passé de 280 en 2008 à une petite centaine aujourd’hui. Lors de l’annonce de la fermeture il y a un mois, seuls 45 étaient inscrits pour l’année prochaine. L’école Sainte-Ursule employait par ailleurs 18 salariés, contraints désormais de chercher un nouvel employeur. /jpi









