Un ancien député PLR est l’origine de l’affaire de corruption électorale en Ajoie. Il aurait mandaté une connaissance pour récolter des enveloppes en lui proposant de l’argent en retour, a révélé la RTS dimanche après-midi, deux jours après que le Ministère public a annoncé l’ouverture d’une enquête en urgence pour corruption électorale et captation de suffrages, dans le cadre des élections communales. La dénonciation provenait d’un citoyen approché.
Contacté par la rédaction de RFJ, l’homme reconnaît les faits. « J’ai commis une faute, je ne le nie pas », a-t-il déclaré au téléphone dimanche. Il avoue aussi avoir rémunéré un jeune homme « qui voulait arrondir ses fins de mois ». Selon sa version, ce dernier lui a remis 14 enveloppes pour 420 francs. L’ancien député assure n’en avoir utilisé « que » dix : cinq pour Porrentruy, deux à Alle, deux à La Baroche et une à Courgenay. Les quatre autres ? « Je les ai détruites ! Et je précise que j’ai eu le consentement des dix personnes concernées. Je n'ai pas cherché à faire voter des gens contre leur volonté. Pour moi, ce n’est pas de la captation, c’est de la confiance d'autant que je n'ai aucun intérêt personnel dans l'histoire », ajoute cet homme au passé politique conséquent.
Affecté par la dimension que prend l’affaire
L’affaire l’affecte. « Je suis profondément blessé, meurtri » par l’ampleur que prend cette histoire. « Ce qu’on me reproche, ce n’est pas grand-chose », estime-t-il, avant d’ajouter ce propos fort : « Je sais pertinemment que c’est une pratique courante dans la région. Il fallait un bouc émissaire, c’est moi. Ce qui n’est pas une excuse, la faute je l’ai commise, mais je souhaite qu’on prenne en considération sa légèreté ».
La justice poursuit son travail et les services de l’Etat doivent se prononcer en début de semaine pour déterminer les incidences que cette affaire pourrait avoir sur les différents scrutins concernés. Les élections communales se tiennent le dimanche 23 octobre dans tout le Jura. /clo









