Bagarre à la gare, le procureur requiert de la prison

Trois hommes étaient jugés mercredi matin pour diverses infractions commises en 2020, dont ...
Bagarre à la gare, le procureur requiert de la prison

Trois hommes étaient jugés mercredi matin pour diverses infractions commises en 2020, dont une bagarre à la gare de Delémont. Au Tribunal pénal, à Porrentruy, les différentes parties ont dit s'être défendues ce jour-là, mais le procureur a demandé des peines de prison

Trois hommes sur le banc des accusés mercredi, pour répondre de différents chefs d'accusation. Le cas d'une bagarre à Delémont en 2020 a particulièrement fait débat. (Photo : archives) Trois hommes sur le banc des accusés mercredi, pour répondre de différents chefs d'accusation. Le cas d'une bagarre à Delémont en 2020 a particulièrement fait débat. (Photo : archives)

Trois hommes étaient entendus mercredi matin au Tribunal pénal à Porrentruy, pour différentes infractions commises, pour la plupart, en 2020. Le premier prévenu devait répondre de plusieurs chefs d’accusation, comme l’agression, les lésions corporelles simples, la rixe ou encore plusieurs infractions à la loi fédérale sur les stupéfiants. Agression, rixe et détention de résine de cannabis pour son frère, également prévenu. Ce dernier portait plainte contre un troisième homme, prévenu et contre-plaignant, à qui il était reproché d’avoir pris part à une rixe et d’avoir commis une tentative de lésions corporelles graves.


Rappel des faits

C’est cette fameuse rixe, à laquelle les trois hommes ont pris part, qui a particulièrement fait débat lors de l’audience de ce mercredi. La bagarre a eu lieu en août 2020 à la gare CFF de Delémont ; une altercation physique, sur fond de vengeance -apparemment- puisque deux des individus s’étaient déjà accrochés la veille. D’un côté, il y a les deux frères, l’un est armé d’une barre en bois. De l’autre côté, un garçon, armé d’un câble et d’un supposé couteau. Supposé, car l’avocat de ce prévenu a répété mercredi qu’aucune arme blanche n’a pu être retrouvée sur les lieux, ni au domicile du suspect ; elle n’a pas été vue non plus sur la vidéosurveillance, qui sert de preuve dans cette affaire. Les trois hommes se seraient battus sur un quai de la gare, et plus loin encore, après s’être courus après. Entailles au crâne ou sur le visage, coupures, griffures, contusions : les blessures sont multiples de part et d’autre.


Les trois prévenus disent s’être défendus
Sur le banc des accusés, qui ont porté plainte les uns contre les autres, on se renvoie la balle : par le biais de leur avocat, tous se disent victimes et assurent s’être simplement défendus. Une position de victime que balaye le procureur : il s’est dit choqué par l’attitude des trois hommes alors qu’il y avait « une bagarre, tout le monde a donné des coups. » Pour le Ministère public, les trois prévenus sont coupables, et la décision du juge doit « leur faire prendre conscience que la violence physique et verbale n’est pas la solution dans une société civilisée ».


Peines de prison et expulsion

Le procureur a requis 23 mois de prison ferme pour le premier prévenu, sans sursis, pour les 8 chefs d’accusation à son encontre et au vu de son casier judiciaire déjà fourni. Ce sont 16 mois de prison, dont 8 avec sursis pour son frère. Le procureur a aussi demandé au juge de statuer en droit sur leur expulsion du territoire suisse, bien que les deux hommes soient apatrides. Pour le troisième prévenu, le Ministère public a demandé 18 mois de prison ferme et son expulsion du territoire, au vu de son casier. Des peines décriées par les avocats des trois prévenus, qui ont tous marqué leur étonnement. Ils ont chacun tenté de balayer certains, voire la totalité des chefs d’accusation retenus à l’encontre de leurs clients. Ils ont aussi rappelé que les trois hommes sont insérés dans la société, chacun ayant une situation professionnelle stable. Le jugement sera rendu mardi prochain. /cto


 

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