Et si Charles de Gaulle était venu fouler le sol de ses ancêtres suisses ? Le général aurait alors posé ses valises à Porrentruy puisqu’un de ses aïeux était né à Porrentruy en 1742. Une exposition au Musée de l’Hôtel-Dieu évoque ces liens.
Du sang jurassien coulait dans les veines de Charles de Gaulle. Ses liens méconnus du général sont mis en valeur au Musée de l’Hôtel-Dieu à Porrentruy à l’occasion des commémorations du 80e anniversaire de la Libération et de la décision historique du 15 mars de réhabiliter les résistants suisses. L’exposition « Charles de Gaulle et la Suisse, une histoire insolite » se tient jusqu’au 13 juin avant d’être installée dans d’autres sites de l’Arc jurassien.
C’est l’arrière-arrière-arrière-grand-père maternel qui venait de Porrentruy. François-Ignace Nicol est né en 1742 dans la cité des Princes-Evèques de Bâle qu’il a d’ailleurs défendus avant de passer au service du roi de France Louis XV. Le général de Gaulle ignorait ses racines jurassiennes. Le concepteur de l’exposition rappelle que quand Charles de Gaulle a quitté le pouvoir, il a voulu connaître son histoire et s’est rendu en Irlande, sur la terre de ses ancêtres. Selon Philippe Pichot, « s’il avait su qu’il avait des ancêtres en Suisse, il serait venu forcément ici aussi et il sera venu en plein épisode de rébellion des autonomistes jurassiens. »
Le général de Gaulle et la Question jurassienne
L’homme politique a aussi joué un petit rôle dans la Question jurassienne, puisqu’il était sensible au sort des minorités francophones. Les réseaux gaullistes ont d’ailleurs soutenu très discrètement les autonomistes. Philippe Pichot relate que Jean-Baptiste Hennin, membre du Front de libération jurassien, qui avait commis des attentats, avait trouvé refuge en France. Malgré les demandes d’extradition, Charles de Gaulle a toujours refusé de livrer le Jurassien en prétextant que c’était un citoyen français. « C’était faux mais c’était un peu sa vengeance, car la Suisse avait toujours refusé d’extrader les terroristes de l’Organisation de l'Armée Secrète (OAS) qui avaient voulu l’assassiner », raconte le passionné.
Philippe Pichot : « Le général n’était jamais insensible au sort des minorités francophones. »
« Des épisodes douloureux » en lien avec la Suisse
Le général de Gaulle n’a jamais eu de relations politiques avec les autorités suisses. « C’est des moments un peu tragiques avec le général », relate Philippe Pichot. C’est par la Suisse que Charles de Gaulle a transité à sa libération à la fin de la Première Guerre mondiale et c’est en Suisse que ses proches ont trouvé refuge pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais la Confédération helvétique est « aussi synonyme d’échecs, de douleurs, de trahisons, de tentatives d’assassinat. » Le concepteur de l’exposition a relaté ses événements à travers différents panneaux à découvrir jusqu’au 13 juin. « Charles de Gaulle et la Suisse, une histoire insolite » devrait ensuite être visible à la fin du mois de juin à Delémont. /ncp









