« Les bouchons sur nos routes sont-ils une fatalité ? » était le thème d’un petit-déjeuner d’entrepreneurs organisé par la CCIJ. Plusieurs initiatives existantes montrent que les entreprises font partie de la solution.
Réduire le trafic et les bouchons sur l’autoroute tout en se déplaçant de manière plus durable. Voilà peut-être l’un des enjeux majeurs de notre siècle dont se soucient aussi les entreprises de notre région. La soixantaine de représentants d’entreprises présents ce mercredi matin à un petit déjeuner sur le thème « les bouchons sur nos routes sont-ils une fatalité ? », organisé par la Chambre de commerce et d’industrie (CCIJ), et leur attention portée aux solutions exposées démontrent une sensibilité réelle pour la question. Si « la solution miracle n’existe pas », plusieurs témoignages ont mis en lumière des solutions efficientes pour augmenter la part de mobilité douce chez les employés.
Chez Orolux au Noirmont, tout est parti d’un problème : 177 places de parking seulement pour 300 employés. Aujourd’hui, ils sont 102 collaborateurs, soit 34% du personnel, à covoiturer au sein de 42 équipes pour limiter le nombre de voitures. Le déclic ? La participation au Challenge covoiturage de l’Arc Jurassien, remporté déjà deux fois par l’entreprise. « Ce défi a le mérite de pousser des équipes à essayer le covoiturage sur une semaine et voir si c’est faisable à l’année, avec une petite récompense à la clé », explique Amandine Krieger, responsable RSE chez Orolux. Chez Louis Lang à Porrentruy, on est revenu à une vieille solution historique, celle des bus d’entreprises. Pas moins de 120 employés y ont recours, soit environ 20% du personnel, moyennant un abonnement bien moins cher que le coût d’utilisation d’une voiture individuelle. « Ce sont les employés qui créent des lignes en réunissant 8 à 9 personnes pour remplir un minibus, en désignant un chauffeur. Ils définissent les points d’arrêt et les ressources humaines regardent si ça passe dans le budget. Ça marche très bien parce qu’il y a un certain confort : vous êtes derrière, vous pouvez lire un livre, être sur votre portable. Pour l’entreprise ce n’est pas rentable, mais c’est un bénéfice qu’on donne aux collaborateurs », appuie le responsable RH Alain Theilkaes.
Chez Louis Bélet, venir en vélo est compté comme temps de travail
Donner du « bien-être », c’est aussi ce qui a poussé Arnaud Maître, mordu de vélo, à lancer un dispositif unique au sein de son entreprise Louis Bélet. Venir en vélo ou à pied est ici compté dans le temps de travail, et l’entreprise vous prête même l’argent pour acheter votre vélo ! « Quand vous dites aux employés : vous avez 20 minutes offertes par jour pour vous déplacer à pied ou à vélo, ils sont plutôt étonnés et trouvent ça cool. Ça a un coût (environ 60'000 francs par an), mais on le retrouve en plaisir chez nos employés : ils sont heureux de le faire et pour rien au monde ne reviendraient à la voiture ! », témoigne Arnaud Maître.
Pour une culture du transport en commun ? « On n’a pas encore assez de bouchons ! »
Malgré ces efforts, rarement plus de 30% des employés au sein de ces entreprises - proportion déjà non négligeable - ont recours à ces solutions. Pour aller plus haut, c’est une question de culture avance le directeur de Joray-Wyss. « En fait on n’a pas assez de bouchons ! Mis à part les ralentissements aux abords des tunnels, on ne voit pas tant de bouchons qui pousseraient les gens à se diriger massivement vers les transports en commun. Il faut pourtant se rendre compte une fois que l’automobile est chère, et qu’une autre mobilité l’est bien moins », relève Guy Sandoz.
Pierre-Alain Berret : « Des améliorations à apporter au niveau des politiques publiques. »
Si ces exemples tendent à montrer que « les entreprises font partie de la solution » comme le souligne le directeur de la CCIJ Pierre-Alain Berret, il plaide aussi pour des politiques publiques afin de soutenir et compléter cet élan. « Il y a des améliorations à apporter c’est clair. On plaide notamment pour une amélioration des fréquences des trains, la création d’un passage sous-voie à la gare de Glovelier, des aires de covoiturage. Mais les entreprises ont entre leurs mains des moyens pour faciliter et encourager la mobilité douce. » Revers de la médaille, la mobilité commune implique souvent un frein à la flexibilité des horaires proposée par des entreprises. /jpi









