Près de 200 visiteurs ont assisté ce vendredi à Delémont à l’ouverture de la 59e Foire du Jura, marquée par une conférence sur le don et la transplantation d’organes. Le cardio-chirurgien jurassien René Prêtre et Franz Immer, chirurgien et directeur général de Swisstransplant, ont pris la parole.
Une fois n'est pas coutume, c'est une conférence sur la transplantation et le don d'organe qui a ouvert ce vendredi après-midi la 59e Foire du Jura à Delémont. Près de 200 personnes sont venues écouter le célèbre cardio-chirurgien pédiatre jurassien René Prêtre ainsi que le chirurgien et directeur général de Swisstransplant Franz Immer. L'évènement était organisé par la Fondation pour l’Aide et les Soins à Domicile, invitée d’honneur de la Foire du Jura.
« Sensibiliser les gens qui hésitent ou sont réfractaires »
Très applaudi, René Prêtre a notamment diffusé une vidéo d'une délicate opération de transplantation cardiaque réalisée sur un enfant. L'histoire d'un compte à rebours poignant qui débouche sur une vie sauvée. « J’espère que ça sensibilise les gens qui hésitent toujours ou sont réfractaires à être donneur d’organes », confie le chirurgien jurassien de 68 ans alors que le peuple suisse a approuvé en 2022 le principe du consentement présumé.
René Prêtre : « Cette loi va changer les choses. »
Chaque citoyen suisse est présumé donneur sauf s'il a exprimé le contraire durant son vivant. « Cette loi va changer les choses. Parce que quand on s’est éloigné de la personne décédée et qu’on ne sait plus vraiment ce qu’elle aurait voulu, on préfère ne pas prendre le risque de dire oui à la transplantation. Aujourd’hui, ce n’est plus la famille qui doit prendre cette responsabilité, mais c’est la société qui a décidé », souligne René Prêtre. Problème, la loi se fait attendre et ne devrait pas entrer en vigueur avant 2027. « En tant que médecin et directeur de Swisstransplant, c’est décevant. C’est long pour les plus de 1'300 patients sur liste d’attente. Mais la loi nous permettra d’augmenter le nombre de donneurs au moins de 50 à 70% », espère Franz Immer.
Franz Immer : Le retard de la loi est « quand même décevant ».
Et l’enjeu est de taille. Demandez à Edith, une Jurassienne transplantée du cœur il y a sept ans. « Quand on m’a emmenée en hélicoptère au CHUV pour l’opération, j’ai vu de nuit les lumières de Porrentruy jusqu’à Lausanne, les contours des paysages. C’était une belle nuit d’été, mais je suis quand même dit : est-ce que c’est la dernière fois que tu verras tout ça ? », se souvient Edith.
Edith : « Quand je me suis réveillée, je me suis dit : tu n'es pas morte. »
« Puis quand je me suis réveillée après l’opération, ma première pensée a été : tu n’es pas morte », confie celle qui peut aujourd’hui visiter « ses enfants et petits-enfants sans problème ». /jpi









