La possibilité que la vieille ville de Delémont devienne une zone piétonne ne laisse pas les commerçants de marbre. Le Conseil de Ville a accepté lundi soir une motion transformée en postulat de l'élue PCSI Florine Jardin. L’idée d’une vieille ville piétonne n’est pas pour demain mais peut être envisagée à plus long terme, en cas de succès de la future zone de rencontre limitée à 20km/h. Le président du Groupement des commerçants de la vieille ville de Delémont (GCVD) regrette tout d’abord de n’avoir jamais été consulté : « Force est de constater que sur ce thème, nous n’avons jamais été concertés, contrairement à ce qui a été dit », tient à souligner Pierre-Nicolas Jakubczak qui dit rester très attentif à toute mesure qui peut nuire à l’accessibilité des commerces. L’acceptation de ce postulat en fait partie. « On trouve ça très regrettable ! », relève le pharmacien qui ne cache pas son incompréhension totale. Il relève qu’il existe une soixantaine de commerces en vieille ville de Delémont. Selon lui, certains membres du GCVD seraient prêts à bouger si cette zone venait à être interdite aux voitures.
Pierre-Nicolas Jakubczak : « Cette mesure s’attaque directement aux commerces indépendants. »
Pour étayer ses propos, le président du GCVD évoque une étude réalisée en 2018 par Nicolas Babey, professeur à la HEG Arc à Neuchâtel. Pour ce dernier, et pour faire simple, il faut trois éléments pour légitimer qu’un centre-ville passe en zone piétonne : une grande densité de population, des transports publics importants et des parkings en zone péri-urbaines. Sans cela, une zone piétonne ne fonctionne pas, selon les résultats de l’étude que partage Pierre-Nicolas Jakubczak.
L’importance de l’accessibilité pour les commerçants
Du côté des commerçants, la possibilité que la vieille ville de Delémont devienne une zone piétonne n’est globalement pas vue d’un bon œil. Les clients sont souvent chargés ou pressés et ont besoin de pouvoir parquer à proximité, relève la fleuriste Petra Fiorenza Werner. Même son de cloche pour la responsable de la boulangerie Aubry : « Ça risque d’impacter notre établissement, dans le sens où les gens sont souvent pressés quand ils viennent chercher leur pain », explique Jessica Aubry.
Jessica Aubry : « Le fait que la vieille ville soit piétonne, ça risque d’être un petit peu handicapant. »
Elle mentionne encore les personnes âgées qui ont de la peine à se déplacer et qui utilisent la place réservée aux personnes à mobilité réduite devant l’établissement. Outre l’aspect de proximité et d'accessibilité, il y a aussi l’aspect humain : « Ça leur permet de garder leur lien social », souligne la responsable de la boulangerie Aubry. /ech











