Une affaire impliquant un potentiel viol occupait le Tribunal de Porrentruy mardi. Trois jeunes, âgés de 19 à 22 ans au moment des faits, comparaissaient pour une affaire datant de 2022 lors d’un after organisé chez l’un d’eux dans un village ajoulot. Ce dernier aurait eu des relations sexuelles avec une femme dans sa chambre. Un peu plus tard, les deux autres prévenus se seraient également rendus avec la même femme dans cette chambre. Selon l’acte d’accusation, ils l’auraient poussée à avoir des relations sexuelles à trois, alors qu’elle avait bu de l’alcool. Ils sont ainsi accusés de viol, contraintes sexuelles et actes d’ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance.
Le ministère public a immédiatement pointé du doigt une certaine « banalisation de la violence » dans un contexte « où une jeune femme n’a été qu’un objet ». La procureure a cité des échanges de messages entre les deux prévenus qui ont participé à « ce plan à trois » où on peut y lire : « La pauvre » ou encore « Je n’ai jamais envoyé des claques pareilles ». Le mot viol est également utilisé par l’un d’eux qui a également dit à son ami : « Il y en a qui auraient porté plainte pour moins que ça ». Frédérique Comte n’en démord donc pas : « Ils ont parfaitement conscience que ce qui s’est joué cette nuit-là, n’était pas normal ». Elle ajoute que la victime aurait eu des hématomes et des saignements, ce qu’aucun document officiel n’atteste, selon la défense.
La défense demande l’acquittement total
Du côté de la défense, les trois avocats ont tenu à souligner qu’à aucun moment la plaignante n’avait fait part d’un refus. L’un d’eux n’a d’ailleurs pas hésité à parler de la victime comme d’une « habituée des afters » et qu’elle « en profitait pour chercher des relations sexuelles ». L’accusation et le ministère public, eux, avancent des témoignages qui affirment que la plaignante était sous l’influence de l’alcool et par conséquent que les prévenus ont profité de son état. Même si sa « meilleure amie » aurait affirmé qu’elle n’était pas dans « un sale état », à en croire l’une des avocates des prévenus.
À noter que l’un des prévenus est également accusé de violation du domaine secret ou du domaine privé au moyen d’un appareil de prise de vues, pour avoir pris des photos et les avoir montrées à des tiers. Le ministère public demande contre lui 24 mois de peine privative de liberté et une expulsion du territoire suisse pour une durée de huit ans. Il requiert également une peine privative de liberté de 22 mois pour le deuxième accusé et 15 mois pour le dernier. Le jugement sera prononcé ce mercredi. /lge









