Les boulangeries de la région tournent à plein régime, en ce jour d'épiphanie. Pourtant, la hausse des prix de l'énergie et des matières premières inquiètent les petits commerçants
Les boulangeries de la région tournent à plein régime depuis quelques jours déjà, pour produire les fameux gâteaux et galettes des rois. Le travail est acharné et les clients se succèdent en ce vendredi d'épiphanie. Face à un quotidien devenu plus difficile, à cause de l'inflation, cette parenthèse festive est plus que bienvenue pour les boulangers du coin.
Prix des matières premières et charges d'exploitation en hausse
A Delémont, la patronne de la boulangerie Lauber, Solange, est derrière le comptoir avec deux vendeuses : « La journée se passe bien, nous sommes contents, comparés aux jours précédents où les clients manquaient… Beaucoup d'entre eux sont partis en vacances et certains craignent les dépenses de début d’année... mais pour la fête des rois, tout le monde est présent ! » Une affluence qui fait plaisir à la patronne. Ces derniers mois, les prix de l'énergie et des matières ont augmenté, et il faut composer avec ces nouvelles données : « Pratiquement tout a augmenté, la farine, le beurre, les emballages ou encore les fêves. Elles ont triplé de prix depuis l’an passé ! », explique Solange Lauber. Elle ajoute que les charges d'exploitation aussi sont en hausse. « Sur une journée comme celle des rois, on a un peu augmenté le prix de nos produits. Les galettes sont 40 cents plus chers. On ne se fait pas une marge énorme, car on est obligés de maintenir un prix abordable pour que les clients puissent se faire plaisir », admet la patronne, en ajoutant que la situation est similaire pour tous les boulangers.
Une dernière fête des rois pour les Daetwyler
A Bassecourt, la boulangerie Daetwyler fait face aux mêmes difficultés financières dues à l'inflation. Le patron, Michel, remarque aussi une baisse de clientèle depuis le début de la guerre en Ukraine : « Certains jours, on vend de tout, mais parfois on a trop de restes et on doit se résoudre à jeter certains produits, fautes de clients… c’est devenu compliqué, entre ça et la hausse de nos coûts d'exploitation. » Et même si la période de l'épiphanie lui permet de retrouver, l'espace de quelques jours, une clientèle élargie, Michel Daetwyler a décidé, avec sa femme, de ne pas poursuivre son activité : « On n’arrive plus à rattraper le retard qu’on a pris, ce qui fait qu’on ne peut pas engager une nouvelle personne… Pendant les périodes festives, je dois tout gérer avec mon épouse, on travaille parfois jusqu’à 17h par jour. Aujourd’hui, on est fatigués et on a envie de voir la vie différemment. » La boulangerie Daetwyler fermera donc ses portes à la fin du mois, et Michel Daetwyler entend se consacrer à la confection de produits du terroir. /cto









