Le Parlement jurassien appelle le DFAE à interdire l’entrée en Suisse du ministre de la sécurité israélien

Les députés ont appuyé par 37 voix contre 16 et 5 abstentions, une résolution demandant à ...
Le Parlement jurassien appelle le DFAE à interdire l’entrée en Suisse du ministre de la sécurité israélien

Les députés ont appuyé par 37 voix contre 16 et 5 abstentions, une résolution demandant à ce que Itmar Ben Gvir soit interdit d’entrer sur le sol helvétique à la suite de la diffusion d'une vidéo par le ministre israélien sur laquelle, des militant de la flottille pour Gaza sont accroupis avec les main attachées dans le dos. 

Le Parlement jurassien a accepté, par 37 voix contre 16 et 5 abstentions, une résolution dénonçant le traitement réservé par l’armée israélienne aux militants de la flottille pour Gaza. Il souligne que des citoyens suisses se trouvaient à bord de l’embarcation arrêtée dans les eaux internationales. Le législatif demande au Conseil fédéral d'interdire l'entrée sur le territoire suisse au ministre d'extrême-droite israélien Itamar Ben Gvir et regrette « l'extrême frilosité » du DFAE face aux actes israéliens.

Le 20 mai dernier, une vidéo diffusée par le ministre israélien en charge de la sécurité nationale Itamar Ben Gvir montre les militants les mains attachées dans le dos et accroupis devant leurs tortionnaires, qui s'en prennent à un moment à une militante scandant « Libérez la Palestine », en lui collant le visage au sol.

« Ce genre d'actes sont inacceptables et plusieurs pays, et l'ONU, l'ont fait savoir de différentes manières à l'État d'Israël, le plus souvent de manière énergique, afin de dénoncer fermement ces actes humiliants et méprisables », indique le texte de la résolution. La France et l'Irlande ont par exemple décidé d'interdire l'entrée sur leur territoire à Itamar Ben Gvir, mais aussi à son collègue Bezalel Smotrich pour des incitations à la violence contre les Palestiniens.


« Hausser le ton »

Le DFAE avait réagi sur X en déplorant « le traitement inacceptable réservé à certains participants, qui semble incompatible avec les assurances reçues des autorités israéliennes quant au respect du droit international et des droits fondamentaux. » Le DFAE fait ainsi preuve d'une « retenue indéfendable », indique le texte de la résolution.

Son auteur, Rémy Meury (CS-POP), a estimé mercredi à la tribune que « la Suisse doit hausser le ton face à ces actes inacceptables. » La résolution a été co-signée par des députés du PS, du PLR, du PCSI, des Vert-e-s et du CS-POP. Seuls l'UDC et le Centre ne sont pas représentés parmi les co-signataires.

« Etendard de l'extrême-gauche »

La tension est ensuite montée dans la salle du Parlement. Lysiane Farner (UDC) a estimé que « le drapeau palestinien est un étendard de l'extrême-gauche à travers l'Europe ». Si la Suisse n'a pas accepté de reconnaître l'Etat de Palestine, c'est « pour une bonne raison », a-t-elle souligné, rappelant que le Hamas avait commis, le 7 octobre 2023, « le plus grand massacre envers les juifs depuis la Seconde Guerre mondiale ».

Dénonçant le « communautarisme », elle a aussi rappelé l'explosion des actes antisémites et évoqué une manifestation pro-palestinienne qui a dégénéré en fin d'année dernière à Berne, faisant de nombreux dégâts. « Nous refusons que ce conflit politico-religieux soit importé dans le Jura. »

Des déclarations qui ont fait bondir Yann Rufer (PLR). « Je suis atterré de ce que je viens d'entendre, s'est-il exclamé. La résolution demande de condamner des actes qu'un Etat démocratique commet sur un autre Etat. Signer cette résolution, ce n'est pas supporter le Hamas, c'est totalement faux. Cette résolution est profondément humaine. » /ATS


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