La reprise des cours qui aura lieu lundi dans les écoles jurassiennes sera marquée, notamment, par l’intégration des élèves de Moutier dans le système cantonal ainsi que par plusieurs changements au niveau secondaire.
La rentrée qui se tiendra lundi dans le Jura marquera une nouvelle étape importante pour l’école jurassienne. Elle coïncide avec l’entrée des élèves de Moutier dans le système cantonal. Il s’agira également de la première reprise des cours pour Raphaël Ciocchi en tant que ministre de la Formation. Invité dans notre Journal, il confie : « L’idéal pour moi serait que les écoliers prévôtois rentrent le soir auprès de leur famille et puissent dire qu’ils ont vécu une rentrée normale. »
La rentrée scolaire s’accompagne de plusieurs autres changements avec la mise en place du nouveau système d’orientation des élèves à l’école secondaire qui remplace les épreuves communes. Le dispositif s’appuie sur les notes des deux semestres de 8P, l’avis des enseignants et celui des parents. « La préoccupation ici est surtout celle de la relation qu’entretient l’école avec les familles, c’est surtout ça qu’on doit assurer. Il est important que les parents et les enseignants se retrouvent pour parler du jeune, avec le jeune, dans son intérêt », souligne le ministre de la Formation. Le système sera complété par des épreuves de giron qui auront lieu en octobre pour comparer les résultats entre bassins scolaires. De manière plus globale, un projet de cinq ans est lancé pour clarifier et harmoniser les pratiques d’évaluation à l’échelle de toute la scolarité obligatoire.
Autre changement notable au secondaire : l’entrée en vigueur de la nouvelle grille horaire qui renforce l’enseignement des langues et réforme les options. Un protocole de gestion de l’absentéisme sera, par ailleurs, déployé dès la rentrée pour l'ensemble de l'école obligatoire. Selon Raphaël Ciocchi, ce changement doit répondre à la « progression phénoménale » de l'absentéisme qui ne « se limite plus au secondaire I, mais touche aussi les plus petits degrés, les plus jeunes élèves. » Le nouveau règlement sera basé sur trois étapes : détecter, analyser et accompagner. Le suivi sera coordonné par les directions d’école en lien avec les familles.
Au niveau de l’enseignement, le renforcement de l’orthographe devient un axe prioritaire dans l'école jurassienne. Au moins une leçon hebdomadaire, fractionnée ou non, sera consacrée à cet aspect de manière explicite. La maîtrise d’un lexique de base et des usages diversifiés de la dictée seront encouragés. Le ministre assure toutefois que cela ne marquera pas le retour des dictées d’antans. « Aujourd’hui il y a des manières bien sympathiques d’apprendre au travers d’une dictée : on peut corriger le texte, on peut le réaliser à plusieurs, on peut aussi faire des dictées plus courtes mais plus fréquentes », précise Raphaël Ciocchi.
Raphaël Ciocchi : « En termes de quantité d’absences, il y a une progression phénoménale. »
Parmi les autres évolutions dans la scolarité obligatoire figurent aussi la dernière phase du Plan d’action numérique qui est prolongé jusqu’à fin 2028, la pérennisation après un an et demi de phase pilote de la structure Repères destinée aux élèves de 1P à 6P temporairement exclus de leur classe en raison de problématiques de comportement ainsi que le renforcement de l’accompagnement des élèves à profil TSA (trouble du spectre autistique) avec la mise en place d’une structure pilote dans les premiers degrés à Haute-Sorne.
Un nouveau chef pour le postobligatoire
La rentrée correspond aussi avec l’arrivée du nouveau chef du Service de la formation postobligatoire, en la personne de Loïc Stalder. L’homme aura pour mission de porter les projets et les réformes qui concernent les divisions du CEJEF et la formation postobligatoire. Les travaux liés à l’évolution de la maturité gymnasiale qui devra passer de trois à quatre ans d’ici à la rentrée scolaire 2034 au plus tard se poursuivent. La réforme ne vise pas à ajouter une année mais elle devrait déboucher sur une refonte globale. À noter encore que le préapprentissage connaît une belle progression dans le Jura, ce qui se traduit concrètement par un recul des filières de transition à plein temps. Aucun jeune Jurassien ne se trouve, par ailleurs, sans formation à l’aube de la nouvelle rentrée scolaire.
De manière plus générale, le nouveau ministre de la Formation, Raphaël Ciocchi, va présenter d’ici à la fin de l’année « le cap et les grandes orientations qu’il entend donner à l’école et à la formation jurassienne pour les prochaines années ». L’objectif ne vise pas à multiplier les réformes ni à bouleverser l’école jurassienne mais à « la faire évoluer » pour « partir de ses forces, répondre aux difficultés constatées et anticiper les transformations à venir ». La démarche sera menée avec les enseignants, les directions d’école ainsi que l’ensemble des acteurs et partenaires de la formation. /comm-fco








