Il écope de 25 mois de prison pour des violences sur une ex-compagne

Le tribunal pénal à Porrentruy a prononcé de la prison ferme et une expulsion de cinq ans du ...
Il écope de 25 mois de prison pour des violences sur une ex-compagne

Le tribunal pénal à Porrentruy a prononcé de la prison ferme et une expulsion de cinq ans du territoire suisse à l’encontre d’un homme reconnu coupable notamment de mise en danger de la vie d’autrui, séquestration et lésions corporelles simples.

Le prévenu a poursuivi ses agissements malgré plusieurs interventions policières et mesures de substitution. Le prévenu a poursuivi ses agissements malgré plusieurs interventions policières et mesures de substitution.

L’homme accusé de violences sur une ex-compagne a écopé de 25 mois de prison ferme et sera expulsé du territoire suisse durant cinq ans. Le tribunal pénal à Porrentruy l’a notamment reconnu coupable, ce jeudi, de mise en danger de la vie d’autrui, séquestration, lésions corporelles simples ou encore de contrainte. Néanmoins, bon nombre d’autres infractions de violences sont tombées en raison du délai de prescription dans cette relation « extra-conjugale » (le prévenu était marié à une autre femme) où la victime ne bénéficie pas du même dispositif juridique qu’une épouse vivant sous le même toit. « La peine demandée par le Ministère public (NDLR quatre ans de prison ferme) a été fortement réduite, le nombre d’infractions aussi. Le jugement ne serait pas loin de nous satisfaire s’il n’y avait pas la question de l’expulsion », réagit Me Hubert Theurillat, avocat de la défense, à l’issue de l’audience.

Me Hubert Theurillat : « Le jugement ne serait pas loin de nous satisfaire s’il n’y avait pas la question de l’expulsion. »

C’est néanmoins la version de la plaignante qui a été retenue par le tribunal pénal. Les agressions à répétition, cette traque permanente d’un homme qui l’attend dans sa cage d’escalier ou sur son balcon, cette peur pendant deux ans, ont été jugées crédibles. Parce que la plaignante décrit « de manière précise les épisodes les plus violents, les circonstances, les modes opératoires du prévenu, sans chercher à le charger », relèvent les juges. Elle a même longtemps minimisé, menti au procureur pour éviter la prison à celui qu’elle aimait, jusqu’à ce que ce soit trop.


Les juges retiennent la mise en danger de la vie d’autrui, pas les lésions corporelles graves

Paroxysme de cette relation toxique, des étranglements au cours desquels par deux fois elle s’est « sentie partir ». Le tribunal retient la mise en danger de la vie d’autrui, mais pas le délit manqué de lésions corporelles graves, « rien ne dit dans le dossier selon le tribunal que le prévenu ait voulu lui causer de telles blessures ». Un prévenu en revanche « incapable de reconnaitre qu’il est allé trop loin », relèvent les juges. Il banalise en parlant de « chamailleries de couple et de bousculades ». Face aux photos des stigmates de ces violences, il dit qu’il « n’y voit pas grand-chose », voire que la plaignante « a pu se les infliger elle-même ».

Me Mélanie Bouvier-Rérat : « Très important pour ma cliente d’être reconnue comme crédible dans ses déclarations. »

Interventions policières, mesures de substitution, rien n’y fait, les comportements se répètent. « Seule la détention l’a empêché de commettre des infractions », souligne le président du tribunal Julien Cattin, forçant la justice à prononcer de la prison ferme. « C’était très important pour ma cliente d’être reconnue comme crédible dans ses déclarations. C’est une première étape pour une reconstruction, même si le chemin sera long », commente l’avocate de la plaignante, Me Mélanie Bouvier-Rérat. Le prévenu qui devra également 7'000 francs pour tort-moral à sa victime a cependant déjà purgé les deux tiers de sa peine en détention provisoire et pourrait sortir de prison dans quelques mois. /jpi


Actualisé le

 

Actualités suivantes