L’apron – poisson surnommé le « roi du Doubs » – reste au bord de l’extinction en Suisse. La Confédération renonce à lancer un programme d’élevage pour sauver l’espèce, tout en prolongeant jusqu’en 2030 son plan d’action pour améliorer l’état du Doubs. L’Office fédéral de l’environnement (OFEV) annonce ces décisions ce mercredi.
Le gouvernement indique que la population de ce poisson a fortement diminué au cours des vingt dernières années. Lors d’un suivi réalisé en 2023 sur la partie suisse de la rivière, un seul spécimen avait été capturé. Il s’agissait d’une femelle, utilisée ensuite pour des essais d’élevage avec des aprons mâles provenant de France. L’Office jurassien de l’environnement juge la décision de l’OFEV rationnelle et justifié.
L’élevage jugé trop incertain
Une étude a évalué la possibilité d’élargir cet élevage à des fins de conservation. Elle a notamment examiné les aspects techniques, financiers et les risques liés à un tel programme. Sa conclusion : un projet serait réalisable, mais ses chances de réussite sont incertaines.
L’OFEV a donc décidé de ne pas lancer de programme d’élevage et de conservation. Les moyens disponibles seront plutôt consacrés à l’amélioration des habitats, à la biodiversité et à la préservation des paysages autour du Doubs et dans d’autres régions de Suisse.
Plus de 30 mesures déjà réalisées
Cette décision intervient alors que le plan d’action national en faveur du Doubs, lancé en 2016, est prolongé jusqu’en 2030. Il réunit la Confédération, les cantons de Neuchâtel et du Jura, des organisations de protection de la nature et le Parc régional du Doubs.
Sur les 51 mesures prévues, 34 étaient achevées fin 2025 et neuf autres en cours. L’OFEV relève notamment les progrès réalisés dans l’assainissement des installations hydroélectriques et la revitalisation des affluents. Cinq embouchures ont été réaménagées pour restaurer des habitats favorables aux poissons et à la faune aquatique.
La qualité de l’eau est par ailleurs jugée bonne, voire très bonne. L’amélioration doit encore se poursuivre avec l’élimination des micropolluants dans la station d’épuration de La Chaux-de-Fonds et dans celle prévue au Locle. Des obstacles empêchent toutefois encore les poissons de circuler librement dans certains secteurs.
Clarence Chollet interpelle le Conseil fédéral
La décision de l’OFEV intervient alors que la Conseillère nationale neuchâteloise Clarence Chollet a déposé cet été une interpellation intitulée « Il faut sauver le Roi du Doubs avant qu’il ne soit trop tard ». Elle demandait notamment au Conseil fédéral s’il comptait poursuivre les recherches ciblées dès 2026 pour retrouver les derniers aprons et les intégrer à l’élevage de conservation.
L’élue souhaitait aussi savoir si un programme comprenant élevage, repeuplement du Doubs et suivi scientifique aurait pu être mis en place.
Dans sa réponse publiée la semaine dernière, le gouvernement répond, notamment, qu’au vu des chances de succès, il n’entend pas mener de programme de repeuplement. /aju








