MEDIQO, le centre tant attendu pour alléger la tension sanitaire

Ce nouveau centre de santé ouvrira en août au Pré-Guillaume à Delémont et hébergera 13 médecins ...
MEDIQO, le centre tant attendu pour alléger la tension sanitaire

Ce nouveau centre de santé ouvrira en août au Pré-Guillaume à Delémont et hébergera 13 médecins généralistes ainsi que des spécialistes de l’Hôpital du Jura qui espère désengorger ses urgences.

Isaline Aubert-Bonnemain, directrice médicale de MEDIQO, devant les plans du nouveau centre de santé qui ouvrira en août au Pré-Guillaume. Isaline Aubert-Bonnemain, directrice médicale de MEDIQO, devant les plans du nouveau centre de santé qui ouvrira en août au Pré-Guillaume.

MEDIQO, c’est un peu le plan de prévention pour éviter le désert médical, et une main tendue à la profession des généralistes. Ce nouveau centre de santé de 1600 m2, dont les locaux sont encore en travaux, va ouvrir ses portes en août prochain au Pré-Guillaume à Delémont. MEDIQO, qui appartient à l'Hôpital du Jura, mais reste une société distincte, hébergera d'ici 2025 pas moins de 13 médecins généralistes salariés, mais aussi des spécialistes sous contrat avec l'HJU sous l’appellation MEDIQO+. Face à la tension sanitaire observée depuis plusieurs mois voire années, le but est de donner des solutions aux patients qui peinent de plus en plus à trouver un médecin et d’en faire la soupape de décompression de l’Hôpital du Jura, notamment de ses urgences. « C’est un ouf de soulagement, car cela fait des années qu’on se plaint de cette pénurie médicale qui a fait augmenter notre nombre de consultations aux urgences », explique le Dr Barroudi Errouane, médecin chef du service des urgences.

Reportage

MEDIQO+ prendra désormais en charge les urgences mineures et bénignes (gastroentérite, otite, syndrome grippal, réaction allergique légère, etc.) avec l’appui d’un plateau technique (radiologie, laboratoire...) afin que les urgences de l’HJU ne traitent plus que les cas graves. Le pavillon de pédiatrie actuellement à l’HJU déménagera au Pré-Guillaume, mieux situé au cœur de ville, là aussi pour alléger la tension. « Il faut soulager la pression observée au niveau des pédiatres de premier recours et proposer une transition. Des pédiatres vont progressivement quitter la profession, certains avec une patientèle assez large qui pourrait poser problème si les patients étaient reportés sur la pédiatrie à l’hôpital qui est déjà largement sous l’eau », confie le Dr Vincent Muehlethaler, chef du service pédiatrie.


« Nous n’étions plus en mesure de fournir une qualité suffisante »

« On fait face à une problématique de congestion de nos services d’urgences, pédiatriques, mais aussi adultes. Le centre MEDIQO+ nous permettra d’avoir une soupape de sécurité en particulier durant les mois les plus forts comme l’hiver. Dans les structures actuelles, nous n’étions plus en mesure de fournir une qualité suffisante », explique le directeur de l’HJU Gautier Vallat. Le coup de pouce est aussi pour la population, la liste d’attendre des consultations pour MEDIQO démontre que le besoin de nouveaux médecins est énorme. « On a ouvert les préinscriptions depuis deux ans et nous avons déjà 1'000 personnes inscrites », souffle la directrice médicale Isaline Aubert-Bonnemain.


Un projet à Porrentruy

MEDIQO s’est déjà implanté aux Franches-Montagnes, désormais à Delémont, avant d’aller soulager l’Ajoie également en situation d’urgence. « Oui c’est en discussion. J’ai déjà quatre médecins qui seraient prêts à venir travailler à Porrentruy. Il faut maintenant chercher des locaux et monter une équipe d’assistantes médicales pour rendre le projet concret », poursuit la doctoresse qui souhaitait aussi faciliter l’exercice de la profession aux généralistes.

Isaline Aubert-Bonnemain : « Venir travailler clé en main, car s’installer paraît souvent une montagne. »

« Ça paraît souvent une montagne d’investir pour s’installer, de gérer la partie administrative. Là on vient travailler clé en main au lieu de monter son propre cabinet comme indépendant. Cela permet aussi de travailler à temps partiel, d’ailleurs tous les médecins qui travailleront à Delémont sont à pourcentage réduit », confie Isaline Aubert-Bonnemain. MEDIQO se dit aussi prêt à collaborer avec les cabinets existants. L’HJU parle d’ailleurs d’une « offre complémentaire », et non d’une concurrence. /jpi


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