Il y a 50 ans, l’Assemblée constituante jurassienne se réunissait pour la première fois. Serge Vifian avait milité contre la création du canton, mais le PLR ajoulot avait tenu à participer à la mise en place des institutions.
« On était ostracisés », c’est ainsi que Serge Vifian répond quand on lui parle de l’Assemblée constituante jurassienne, dont la séance inaugurale s’est tenue le 12 avril 1976, il y a donc (presque) 50 ans. L’Ajoulot, de 25 ans à l’époque, en était le plus jeune membre et avait milité pour le maintien du Jura dans le canton de Berne. Parmi les 50 constituants élus, treize étaient issus des rangs antiséparatistes : onze libéraux-radicaux et deux UDC. La minorité qu’ils formaient n’était pas bien perçue par les vainqueurs du 23 juin 1974. Membre du Parti libéral-radical (PLR), Serge Vifian n’en était pas moins motivé par la mise en place des institutions jurassiennes : « C’était passionnant de participer à la construction d’un État à travers la Constitution. » Il estime qu’il était « normal » de représenter à la constituante les moins partisans d’un nouveau canton. « L’ostracisation » des libéraux-radicaux s’était traduite par leur exclusion du bureau de la constituante. Leur candidat Hubert Comment n’avait pas été élu par les constituants. « On peut comprendre qu’on nous ait fait passer par une période de pénitence. Avec le recul, on peut l’admettre, mais je ne suis pas sûr que cette tactique ait servi à convaincre les gens du Jura Sud. »
Serge Vifian : « J’ose espérer que tous les membres de mon parti se sont engagés avec l’enthousiasme qui sied à cette fonction. »
Vœux pieux et rôle de pionnier
Serge Vifian retire une certaine fierté d’avoir contribué à la rédaction de la Constitution jurassienne. « Elle était novatrice et c’était un texte extrêmement bien rédigé. Et pour cause avec des Béguelin et des Schaffter, il y avait des littéraires aguerris. » L’Ajoulot admet que cette Constitution est « parsemée de vœux pieux », mais veut surtout mettre en avant le rôle pionnier du Jura dans la mise en place d’institutions comme la Cour constitutionnelle ou le Bureau de la condition féminine. Ces innovations n’étaient pas toujours du goût des membres de son parti dont il était parfois en porte-à-faux.
« L’article 138, quand on l’analyse, a été diabolisé très à tort. »
Unanimité
La Constitution jurassienne avait finalement été adoptée à l’unanimité auprès des constituants le 3 février 1977 « au nom de l’intérêt général », selon Serge Vifian qui avoue s’être fait violence pour accorder son soutien. Le peuple jurassien avait apporté sa caution le 20 mars 1977 avec 82.5% de « oui » et une participation de 79.7%. /rce
Les autres épisodes de la série :
- Épisode 1 : René Girardin
- Épisode 2 : Bernard Beuret









