Des pulsions condamnables

On pourrait croire à une histoire potache, mais on a découvert dans la salle d’audience un ...
Des pulsions condamnables

Tour du Coq à Porrentruy

On pourrait croire à une histoire potache, mais on a découvert dans la salle d’audience un homme malade et des plaignantes apeurées. Un trentenaire a été reconnu coupable jeudi d’exhibitionnisme et de consommation de pornographie dure sur internet par le Tribunal pénal de première instance de Porrentruy. Les faits se sont produits en juillet et août 2015 dans un village de la vallée de Delémont. Il s’est levé en pleine nuit et a suivi des mineures alors qu’il était totalement nu. Une plaignante a été confrontée par deux fois à cet homme dans le plus simple appareil. Il s’est montré alors que celle-ci entrait dans son domicile. La seconde fois, elle était accompagnée par deux amies. Le trentenaire s’exhibait, selon ses propos, pour se punir. Selon la procureure, il éprouvait également de l’excitation lorsqu’il ressentait la peur de ses victimes. D’après différentes expertises, le prévenu souffre de troubles compulsifs de la préférence sexuelle. Depuis l’arrestation, il est suivi par un psychothérapeute et doit prendre un traitement anti-androgène. Mais cette castration chimique a des conséquences sur son état général et également sur sa vie intime.

 

Une dernière chance

L’accusé a été condamné à 120 jours amende à 20 francs avec un sursis de 5 ans. Le juge Pascal Chappuis a surtout été surpris de constater que l’accusé a senti sa déviance sexuelle revenir mais n’a alerté personne. L’homme était déjà suivi psychologiquement après une première condamnation pour des faits plus graves en 2012 dans le canton de Vaud qui l’avait conduit en prison (17 mois ferme et 18 mois de sursis). De peur d’y retourner, il a préféré se taire et assouvir ses pulsions en se montrant nu. Depuis son arrestation, il est obligé de se rendre une fois par semaine à Lausanne chez un psychothérapeute et de subir une castration chimique. Un dispositif qui lui permet de contrôler et de comprendre sa maladie. Le traitement médicamenteux qui inhibe tout désir pourra être levé sur décision de son médecin. Le magistrat a considéré que la poursuite de ce traitement et une peine pécuniaire avec sursis étaient suffisantes pour sanctionner convenablement cet acte. De plus, il a refusé de révoquer le premier sursis mais l’a prolongé, le prévenu risque toujours la détention s’il devait commettre à nouveau des faits graves. A travers son verdict, le juge n’a pas souhaité enrayer la reprise en main de cet homme qui suit une formation dans la restauration. Le but : laisser une dernière chance à l’accusé ainsi qu’à la société. /ncp


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