Dans les entrailles des Ajoulots

Un siècle de malades en Ajoie. Paul Dubosson s’est penché sur les archives de l’hôpital de ...
Dans les entrailles des Ajoulots

Paul Dubosson La couverture de l'ouvrage de Paul Dubosson donne le ton. Dessin de Guznag.

Un siècle de malades en Ajoie. Paul Dubosson s’est penché sur les archives de l’hôpital de Porrentruy de 1819 à 1919. Il a répertorié 50'000 séjours à l’Hôtel Dieu. Avec cette masse d’information, le jeune retraité a décidé d’en faire un ouvrage qui s’intitule « L’Ajoie au 19e siècle ou le miroir des maladies » et qui vient de sortir. On y découvre de nombreuses statistiques que Paul Dubosson a traitées, avec une pointe d’humour, pour dresser un portrait de la région. Un portrait assez sombre puisque les registres hospitaliers relatent la souffrance et la mort. L’hôpital de Porrentruy ne comportait ni pédiatrie, ni maternité.

Anecdotes

Occlusion intestinale provoquée par la présence de 1144 noyaux de cerise

Ulcération gangréneuse de la verge faute de propreté

Tumeur testiculaire mesurant 30cm de circonférence

Arrachement du bras droit d’un jeune ouvrier de 14 ans par une courroie de transmission

Castration volontaire d’un domestique atteint de monomanie religieuse

Les faits marquants du XIXè s

Paul Dubosson a été surpris par certaines de ses découvertes. Dès le milieu du 19è siècle, l’Ajoie connaît un essor économique avec l’arrivée du chemin de fer, cela se traduit par l’enregistrement de malades immigrés, ainsi que de nouvelles pathologies liées à l’industrialisation. L’auteur estime que « les horlogers ont été sacrifiés ». Ils souffraient notamment de problèmes respiratoires. Les horlogères hospitalisées mourraient à l’âge de 27 ans, 33 ans pour les horlogers, alors que les autres malades décédaient en moyenne à 44 ans. Ses recherches permettent aussi de se faire une idée des conditions de vie de l’époque. De nombreuses personnes souffraient du typhus (présence de poux), de la fièvre typhoïde (eau contaminée) ou encore de carences alimentaires. L’alcoolisme était également répandu dans toute la région. Paul Dubosson s’est aussi penché sur le fonctionnement de l’hôpital de Porrentruy et a pu constater sa modernisation progressive au cours du siècle. /ncp

L’auteur sera présent à l’Hôtel Dieu pendant les week-ends de la St-Martin pour dédicacer son ouvrage et il y tiendra également une conférence le 1er décembre. « L’Ajoie au 19e siècle ou le miroir des maladies » peut être acheté dans les kiosques de la gare et de l’hôpital à Porrentruy.


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