Les apiculteurs disent un non ferme aux pesticides

Les apiculteurs montent au créneau contre les pesticides. Apisuisse, l’organisation faîtière ...
Les apiculteurs disent un non ferme aux pesticides

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Les apiculteurs montent au créneau contre les pesticides. Apisuisse, l’organisation faîtière des trois associations apicoles suisses, a publié lundi un communiqué dans lequel elle prend position sur le plan d’action de la Confédération sur les produits phytosanitaires présenté en juillet. Pour Apisuisse, ce plan ne va pas assez loin. L’organisation dénonce les dangers que les pesticides font courir aux abeilles mellifères, mais également aux autres pollinisateurs. Elle demande de fixer des objectifs quantifiables et exige des mesures plus poussées.

Une force ignorée

Regroupant la VDRB (Verein deutschschweizerischer und rätoromanischer Binenfreunde), la SAR (Société Romande d’Apiculture) et la STA (Società Ticinese di Apicoltura), Apisuisse représente 17'000 apiculteurs. Des apiculteurs qui ne se sentent pas pris au sérieux, alors qu’ils dénoncent depuis de nombreuses années les dangers des pesticides pour les abeilles, confirmés par de récentes études scientifiques, mais auxquels les acteurs politiques et économiques restent sourds. Avec cette prise de position, ils espèrent être entendus, indique Sonia Burri-Schmassmann, présidente de la Société Romande d’Apiculture, qui souligne la valeur économique des butineuses : 153 milliards en termes de pollinisation.

Des mesures fortes

Apisuisse réclame que soient intégrées au plan de la Confédération des mesures qui n’y figurent que partiellement. Elle demande qu’aucun nouveau pesticide ne soit autorisé avant que ses effets sur les abeilles ne soient évalués scientifiquement. Les trois néonicotinoïdes actuellement suspendus pour certaines applications via un moratoire devraient pour leur part être interdits. L’épandage de pesticides sur les cultures butinées par les abeilles ne devrait se faire qu’en dehors des heures de vol des abeilles. Enfin, les pesticides qui agissent de manière systémique ne devraient plus être autorisés sur les cultures qui entrent dans la flore mellifère.

 

Une opportunité dans le Jura

Sonia Burri-Schmassmann, présidente de la Société Romande d’Apiculture, souligne que la prise de conscience doit se faire aussi au sein de la population. Il est possible pour tout un chacun de bannir les pesticides de son jardin ou son balcon. Les communes peuvent aussi faire des efforts dans l’entretien des jardins publics. Le Jura a par ailleurs la chance de pouvoir réduire l’utilisation des pesticides : le Parlement se prononcera mercredi sur une motion en ce sens. /ich


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