Course poursuite surréaliste devant la justice

Le tribunal de Moutier se penche depuis mardi matin sur le cas d’un homme qui avait provoqué ...
Course poursuite surréaliste devant la justice

Tribunal de Moutier Le tribunal de Moutier rendra son verdict vendredi

Le tribunal de Moutier se penche depuis mardi matin sur le cas d’un homme qui avait provoqué plusieurs accidents de la circulation le 3 octobre 2015. Les faits s’étaient produits entre Tavannes et Courrendlin, de 21h30 à 22h30. Le prévenu avait percuté plusieurs voitures, manqué de provoquer des collisions frontales et avait envoyé des voitures de polices dans le décor, faisant des blessés parmi les forces de l’ordre. Des agents qui tentaient de l’arrêter ont aussi dû s’écarter de la route pour éviter de se faire écraser. L’accusé doit notamment répondre de tentative de meurtre, de violences et menaces contre les fonctionnaires et de plusieurs types d’infraction à la loi sur la circulation routière.

Irresponsabilité avérée

Toutes ses infractions ont été commises par un homme en situation d’irresponsabilité. Selon une expertise psychiatrique, le prévenu souffre de schizophrénie paranoïde chronique et a vécu une crise au volant ce fameux soir du 3 octobre 2015. En l’absence de son client, qui n’a pas pu se présenter pour des raisons de santé, l’avocat de la défense a demandé le report de l’audience, sans succès. La matinée s’est poursuivie par l’audition des témoins.

« Un événement surréaliste »

Une conductrice impliquée tout d’abord. Le prévenu avait percuté sa voiture latéralement à Tavannes. Elle dit avoir eu peur pour ses filles, qui se trouvaient à l’arrière. Elle a ensuite souffert d’insomnie. Elle s’en est remise aujourd’hui et veut tourner la page. Deux policiers se sont aussi exprimés. Ils ont eu peur pour leur intégrité corporelle, mais aussi pour les personnes qui se sont retrouvées face à ce conducteur sur la route. Tous ont qualifié la situation d’exceptionnelle et surréaliste, la femme parlant d’un événement que l’on ne voit que dans les films.

Le rôle des institutions questionné

Le frère du prévenu a aussi témoigné. Il s’est dit triste et impuissant par rapport à cette situation. L’accusé avait déjà eu d’autres crises, mais jamais au volant. Il a aussi exprimé une certaine incompréhension face aux institutions. La famille du prévenu avait constaté que sa situation se dégradait et a contacté son psychiatre pour une meilleure prise en charge, demande restée sans réponse. Ils ont aussi pris contact avec l’Autorité de protection de l’enfant et de l’adulte, mais le dossier n’avançait pas. « On nous a dit que quand il se passerait quelque chose, il serait pris en charge », a-t-il ajouté.

Mesure anticipée en cours

Après les faits, le prévenu a été hospitalisé et détenu pendant 210 jours. Depuis le 2 mai dernier, il exécute de manière anticipée dans un établissement spécialisé les mesures qui pourraient être prononcées à son encontre. L’expert psychiatrique préconise une prise en charge ou un placement en milieu protégé. Le procureur demande de donner suite à cette proposition. La mesure peut durer jusqu’à 5 ans et peut être prolongée s’il y a un risque de récidive. Le verdict sera rendu vendredi./ast


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