La résistance s'organise contre la RIE III

Un comité jurassien composé de partis de gauche et des syndicats a présenté mardi ses arguments ...
La résistance s'organise contre la RIE III

RIE III Le comité jurassien opposé à la RIE III est composé de partis de gauche et des syndicats. De g. à d.: Thomas Sauvain (Union syndicale jurassienne), Thierry Cortat (CS-POP), Murielle Macchi-Berdat (PSJ et responsable du comité), Hansjörg Ernst (Verts jurassiens), Rémy Meury (coordination des syndicats) et Pierre-Alain Fridez (PSJ, conseiller national).

Un comité jurassien composé de partis de gauche et des syndicats a présenté mardi ses arguments contre la RIE III soumise au peuple suisse le 12 février. La réforme de l’imposition des entreprises vise à supprimer les privilèges fiscaux de sociétés étrangères établies en Suisse avant 2019. « Nous ne sommes pas forcément contre le projet initial du Conseil fédéral, mais la version finale élaborée par les Chambres fédérales est un cadeau fiscal fait aux milieux économiques que nous dénonçons », martèle Pierre-Alain Fridez, conseiller national socialiste. « Cette réforme va conduire à la baisse du taux d’imposition des entreprises qui devra être compensée par la population. Il s’agit d’une arnaque en milliards contre la classe moyenne aux profits des actionnaires », renchérit Thierry Cortat du CS-POP. « Une compensation est prévue en faveur des cantons, mais rien pour les communes qui vont pourtant aussi subir cette réforme », ajoute Rémy Meury, coordinateur des syndicats. « Les autorités devront trouver un moyen pour compenser ces pertes fiscales. Il s’agira soit d’une hausse d’impôts, soit une augmentation des taxes ou encore une baisse des prestations », précise Thomas Sauvain de l’Union syndicale jurassienne.

Chiffres jurassiens encore inconnus

La quasi-totalité des cantons suisses ont publié leurs intentions concernant le taux d’imposition et les mesures fiscales retenues pour parvenir à appliquer cette réforme. Ce n’est pas encore le cas dans le Jura. « À moins d’un mois de la votation, je trouve cela tout à fait inacceptable, notamment de la part de notre ministre des finances, Charles Juillard, qui porte le dossier au niveau fédéral en tant que président de la Conférence des directeurs cantonaux des finances. J’estime pourtant que pour le Jura il est relativement facile d’estimer les chiffres étant donné que l’on a peu d’entreprises à statut spécial. On peut donc imaginer des pertes importantes pour la fiscalité cantonale. La décence aurait voulu que l’on donne des informations claires à la population jurassienne avant de recevoir son matériel de vote », déclare le conseiller national socialiste Pierre-Alain Fridez.

Contacté, le ministre jurassien des finances Charles Juillard nous a indiqué qu’il s’agit d’une votation fédérale et non pas cantonale, et que les citoyens sont appelés à se prononcer sur une question de principe et non sur des chiffres. Charles Juillard a toutefois précisé que les autorités présenteront leurs intentions, comme convenu, avant la fin du mois. /afa


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