Une embrouille qui tourne mal devant la justice

La justice jurassienne doit trancher. Y avait-il intention de meurtre ou pas ? Un homme comparaissait ...
Une embrouille qui tourne mal devant la justice

Tribunal de Porrentruy (photo: archives)

La justice jurassienne doit trancher. Y avait-il intention de meurtre ou pas ? Un homme comparaissait lundi devant le tribunal pénal de première instance de Porrentruy pour délit manqué de meurtre. La procureure, Frédérique Comte, requiert une peine privative de liberté de six ans. L'avocat du prévenu qui rejette l'intention de meurtre demande, lui, vingt mois de prison ferme en comptant les jours de détention déjà effectués. Au final, le prévenu n'aurait plus qu'un mois à passer entre les barreaux. 

Embrouille dans un bar de Porrentruy

Les faits remontent à l'été 2014. Après avoir eu un désaccord avec le plaignant, le prévenu l'a frappé à la tête avec son verre. Lors de l'audience, l'homme assis sur le banc des accusés affirme n'avoir tapé le plaignant qu'une seule fois. Pourtant, les témoins de l'événement parlent de plusieurs coups assénés à la tête et au thorax. Le trentenaire assure qu'il n'est pas une personne violente et qu'il n'avait aucune intention de tuer l'homme à terre. Le Ministère public n'y croit pas. Pour la procureure, il ne s'agit ni d'une banale bagarre, ni d'un accident, mais bien d'une tentative d'homicide intentionnel. Elle rappelle que le plaignant n'est pas passé loin de la mort. Selon le médecin qui a soigné le quadragénaire à son arrivée à l'Hôpital du Jura le soir des faits, la chance était de son côté. L'artère carotide a bien failli être sectionnée. Pour Frédérique Comte, « sans l'intervention de la police, le plaignant ne serait pas là aujourd'hui ».

Conscience diminuée

Pour l'avocat du prévenu, Maître Cédric Baume, son mandant est atteint d'une addiction à l'alcool et à la drogue. Il était d'ailleurs sous l'influence de l'alcool et de la cocaïne le soir de l'agression. L'avocat demande une diminution de la responsabilité pénale du prévenu. « Il n'était pas conscient des conséquences de ses actes au moment des faits », affirme l’avocat. Il rejette donc l'intention de meurtre. Dans cette affaire, la partie plaignante a également des prétentions civiles. Un montant de 40'000 francs est demandé pour tort moral.

Le prévenu qui a déjà fait plusieurs séjours à l'ombre ces derniers mois est également accusé d'autres faits commis entre 2012 et 2016. Parmi les choses qui lui sont reprochées, on trouve notamment plusieurs vols et tentatives de vols, des dommages à la propriété et de nombreuses infractions à la loi sur la circulation routière. /lhu


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