« Ne pas s’alarmer des chiffres sur l’obésité »

Les recrues de l’armée suisse seraient victimes du surpoids et de l’obésité. C’est en tout ...
« Ne pas s’alarmer des chiffres sur l’obésité »

25% des recrues de l’armée suisse seraient en surpoids ou obèses selon une étude

L'armée suisse visée par le surpoids ? L'armée suisse visée par le surpoids ?

Les recrues de l’armée suisse seraient victimes du surpoids et de l’obésité. C’est en tout cas ce qui ressort d’une classification de l’OMS qui se base sur une étude menée par l’Institut de médecine évolutionnaire de l’Université de Zurich, étude publiée par l’Office fédéral de la santé publique. Des chiffres alarmants aux premiers abords : 19% des conscrits seraient en surpoids, 6% en situation d’obésité. Bref, au total, une recrue sur quatre.

 

L'IMC, un outil pas si bien adapté qu'on ne le pense 

« Il ne faut pas s’alarmer et voir d’où proviennent ces chiffres. En l’occurrence, l'étude se base sur l’indice de masse corporel (IMC). Or ce n’est pas l’outil le plus adapté pour certains types de population, surtout avec des jeunes qui peuvent avoir une masse musculaire plus élevée. D’autres outils seraient mieux mais ils prennent plus de temps à manipuler. L’IMC c’est un outil facile à mettre en place mais qui peut donner des résultats élevés. Si on fait le calcul avec un autre outil, ces chiffres pourront baisser très probablement »,  tempère le médecin cantonal du Jura, le docteur Cesar Eduardo Wong-Alcazar.

 

La Suisse du Nord-Ouest visée

Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas chercher les causes de cet éventuel surpoids. L’IMC, bien qu'imparfait, reste un révélateur parmi d'autres. L’étude cible notamment un IMC plus élevé dans certaines régions comme la Suisse du Nord-Ouest. En d’autres termes, chez nous ! Pourquoi serait-on plus gros que les autres ? Est-ce que l’on mangerait trop de fondues dans le Jura ? « Vous savez, en France, notamment en Alsace et en Normandie, on produit énormément de produits laitiers. Les locaux mangent beaucoup de crème et de graisses mais ce n’est pas pour autant qu’ils ont un taux de cholestérol plus élevé ! C’est tentant de faire le lien et de dire : on est une population agricole, on mange mal. Ce n’est pas le cas et on l’a déjà démontré ailleurs. Une population agricole qui cultive des produits de la terre devrait justement pouvoir équilibrer son alimentation grâce à ces produits plus sains », rétorque le médecin cantonal.

 

Le mal de nos sociétés occidentales

Il ne faut pas oublier que l’étude porte sur des recrues, c’est-à-dire des jeunes âgés de 18 à 21 ans. La génération tablette, ordinateur, qui ne bouge peut être pas assez. « C’est un constat clair qui touche toute notre société occidentale. Dès que l’économie change, les gens changent leur style de vie. Il faut redonner du dynamisme aux gens pour qu’ils aient une activité physique régulière. » La meilleure prévention passe par l’information dès l’école selon le médecin cantonal. Et si vous vous êtes fait peur en calculant votre IMC, le conseil du Département de la santé publique est d’aller consulter un médecin. Seul un avis de spécialiste vous fournira une juste analyse de ces chiffres. /jpi


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