De multiples combats attendent les pêcheurs jurassiens

Désaccord au sein de la Fédération cantonale des pêcheurs jurassiens. Samedi, une quarantaine ...
De multiples combats attendent les pêcheurs jurassiens

Droits de pêches privés, qualité de l’eau et pression sur la faune piscicole : autant de dossiers brûlants pour la Fédération cantonale des pêcheurs jurassiens

pêche Le monde de la pêche doit faire face à de nombreux problèmes.

Désaccord au sein de la Fédération cantonale des pêcheurs jurassiens. Samedi, une quarantaine de membres étaient réunis à Courroux pour l’assemblée générale. Dans son rapport, le président a évoqué le projet de pisciculture de Courtételle. En novembre 2015, une annonce dans le journal officiel a fait bondir la Fédération. Une entreprise y a fait part de son intention de construire une pisciculture dans un bras de la Sorne à Courtételle. Le comité de l’association a dû réagir vite pour faire opposition et a listé plusieurs points. Par avocats interposés, des garanties ont ensuite été trouvées. La Fédération, via les présidents des sociétés locales, a donc décidé de lever son opposition. Alain Christe souligne que « sans argument devant le tribunal, on allait droit dans le mur ».

Un groupe de citoyens, fondé notamment par des pêcheurs, a repris le combat. L’Amicale de la Sorne a mis en avant d’autres arguments. Marcel Chaignat, membre de l’association de pêche de Delémont, a souhaité samedi prendre la parole pour exprimer son mécontentement. Pour des raisons de temps, le comité a refusé d’ouvrir ce débat. Marcel Chaignat est persuadé que ce projet de pisciculture devrait se trouver au bord de la Birse, qui a un plus grand débit, et non de la Sorne. En période de sécheresse, toute l’eau de la rivière sera injectée dans la pisciculture. Selon l’Amicale, l’eau, ensuite rejetée en aval, ne sera plus de bonne qualité puisqu’elle contiendra les déjections des truites élevées industriellement. Dans les points évoqués par le comité, on trouve : la durée de la concession, les mesures des valeurs chimiques, un seuil maximum de litres d’eau pris dans la Sorne, la mise en place d’alarmes, les mesures sur la température de l’eau ou encore la communication des données. Mais c’était « des points de détails » selon Marcel Chaignat qui regrette de ne pas avoir été intégré dans les réflexions, en tant que pêcheur de la région de Delémont.

D’autres organisations ont maintenu leur opposition. Pro Natura et la Société d'écologie et protection des oiseaux de Delémont et environs ont déposé un recours auprès du Tribunal administratif. Le canton ainsi que le promoteur doivent prendre position sur les points de discordes ces prochains jours.

 

D’autres combats à mener

Lors de l’assemblée générale, les différents responsables ont également fait état des problématiques en lien avec le monde de la pêche. Une intervention parlementaire a notamment été déposée concernant les droits de pêches privés. Le président Alain Christe a rappelé que 42 km de cours d’eau dans le Val Terbi étaient en main privée et donc n’était pas soumis aux différentes législations. La gestion des cormorans a également été présentée. Ces oiseaux aquatiques peuvent décimer un cours d’eau. Les chasseurs en tirent régulièrement. Mais les craintes viennent surtout des harles bièvres, des canards protégés. Ceux-ci sont de plus en plus présents dans la région et exercent une pression importante sur la faune piscicole. /ncp


 

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