Sécurité à carnaval : une charte basée sur la confiance

En plus d'assurances et de permis de l'Office des véhicules, des mesures sont prises à l'interne par les organisateurs afin de garantir la sécurité des chars

Un tracteur tirant un char (archives) Les chars tractés sont un risque pris au sérieux par les organisateurs.

Que ce soit les costumes ou les chars, la question de la sécurité est importante durant carnaval. Pour que l’ivresse de joie ne se transforme pas en gueule de bois, les organisateurs suivent certaines règles de sécurité.

En premier lieu, une charte doit être signée par tous les responsables des manifestations, à l’interne. Ce système est utilisé partout au sein du canton du Jura et la confiance en est le maître mot. « On a une charte interne signée par tous les chefs de groupe et chauffeurs. Ils la signent et acceptent les règles. C’est basé sur la confiance. Toutefois, si un abus devait être constaté, on interdirait au chauffeur de prendre le volant », explique Yann Beuret, le président du comité d’organisation du carnaval de Delémont.

Mais existe-il une solution de rechange dans ce cas ? « Nous n'en avons pas, non. Mais à ce moment, le char ne prendrait pas le départ. On en a assez de toute manière », précise Yann Beuret.

 

La sensibilisation avant tout

Le système ne prévoit donc aucun contrôle. « Nous n’avons pas les moyens de faire des alcootests. C’est un accord moral. Mais nous sensibilisons nos membres aux possibles conséquences d’un éventuel problème. S’il devait arriver quelque chose, je n’ose pas imaginer les conséquences. Cela pourrait être la fin du carnaval », se préoccupe Romina Azzinnari, la présidente de la société de carnaval de Courtételle.

 

Permis de l’Office des véhicules

Tous les chars doivent encore recevoir une autorisation de circuler de la part de l’Office des véhicules du Jura. « Les roues ne doivent pas être apparentes pour éviter que quelqu’un ne puisse glisser sous les chars », explique Yann Beuret. Les organisateurs font très attention à éviter un potentiel écrasement. « Deux personnes doivent se trouver devant le char, deux personnes entre le tracteur et le char et deux personnes derrière », précise le président du comité d’organisation du carnaval de Delémont.

« Ma plus grande crainte, c’est qu’un enfant soit écrasé par un tracteur ou un char, ce serait le scénario catastrophe. Nous craignons aussi de potentielles bagarres générales durant la soirée ou encore des déprédations sur le matériel », remarque Romina Azzinnari.

 

Une pléthore d’assurances

Des précautions sont aussi prises en concluant des assurances, en bon nombre d’ailleurs. « Nous avons une RC manifestation, des assurances par char et une assurance pour le cortège et la manifestation », précise Romina Azzinnari.

Des engagements qui ont leur coût. « Oui, c’est un budget à prendre en compte. Mais ce sont des postes que sont fixes dans le budget, ils sont connus et ce ne sont pas ceux qui pèsent le plus sur le budget. C’est plutôt le personnel de sécurité qui coûte. Mais ce n’est pas un poste sur lequel on lésine. Nous voulons qu’il y ait suffisamment de monde pour éviter un éventuel problème », conclut Romina Azzinnari du carnaval de Courtételle.

 

Sans la police

Quant à la police, elle laisse les organisateurs gérer les questions de sécurité eux-mêmes. « Il s'agit d'un milieu fermé, avec route barrée. La loi sur la circulation routière (LCR) ne s'applique donc pas dans ce cas », informe la police cantonale jurassienne. Elle ne prévoit donc pas d'actions spéciales afin de contrôler les chars. Bon à savoir toutefois, les traditionnels contrôles de circulation auront bien lieu. /jore


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