Centre de requérants aux Emibois : démarche à recommencer ?

Le litige autour de la réalisation d’un centre d’accueil pour migrants aux Emibois a été abordé ...
Centre de requérants aux Emibois : démarche à recommencer ?

Muriaux a fait recours contre l'octroi d'un permis de construire délivré par le canton à un privé. Le verdict n'interviendra pas avant vingt jours

 Une visite des lieux s'est déroulée jeudi matin dans l'ancien hôtel-restaurant « La Halte des amis » situé aux Emibois. Elle a été suive par l'audience à Porrentruy.

Le litige autour de la réalisation d’un centre d’accueil pour migrants aux Emibois a été abordé au Tribunal de première instance à Porrentruy jeudi. La commune de Muriaux où se trouve le bâtiment a fait recours. Les autorités de la localité franc-montagnarde conteste une décision de la section des permis de construire du Service du développement territorial du Jura. Ce secteur avait octroyé un permis à un privé de la région. Le hic est que le projet initial, publié officiellement en novembre 2015, a été modifié et sa version finale ne comporte pas tous les changements d’affection prévus à la base.

 

Le but pour Muriaux : une nouvelle publication

Dans cette affaire, Muriaux a déploré un manque de communication et de transparence. Le propriétaire du lieu, où des réfugiés pourraient être logés, a changé une partie de son projet, en raison de divers obstacles. L’homme, actif dans le domaine du tourisme, en a informé le canton un jour avant la décision de l’octroi du permis de construire, en juin 2016. Le lendemain, le feu vert était donné par la section concernée.

Au départ, le projet du privé taignon prévoyait, par exemple, la réalisation d’une colonie de vacances, des chambres d’hôtes, des salles de réunion et un centre pour requérants d’asile. Au final, le changement d’affectation concerne uniquement l’accueil de migrants. Les autorités de Muriaux, par l’intermédiaire de leur avocat Maître Jean-Marie Allimann, ont donc demandé dans la matinée une nouvelle publication officielle pour que la population soit clairement informée sur le projet.

 

« On n’a jamais trompé personne »

L’après-midi, le directeur de l’Association jurassienne d’accueil des migrants a été entendu par la juge. Francis Charmillot a reconnu qu’un projet de bail existe entre l’AJAM et le propriétaire. Mais il a tenu à rappeler à plusieurs reprises. «On n’a jamais trompé personne. On n’a jamais signé un bail avec un privé sans informer l’autorité communale et la population».

Francis Charmillot a affirmé, par ailleurs, que c’est la première fois que des soupçons de ce genre visent l’AJAM. « Je ne le vis pas bien » a-t-il avoué, tout en se montrant fâché par la tournure des événements. Il a ajouté que « ce reproche – infondé - est dégueulasse ».

Selon des estimations de Francis Charmillot, l’endroit pourrait accueillir entre 30 et 50 migrants. Même si la délivrance du permis de construire est confirmée par la juge, le directeur de l’AJAM n’est pas certain de signer le contrat. « Je ne suis pas intéressé à ouvrir une structure pour entrer en guerre avec des gens qui nous surveillent ».

 

Patience pour le verdict

Les différentes parties disposent désormais de dix jours pour déposer leurs remarques finales sous forme de plaidoirie écrite. La juge administrative, Carmen Bossart Steulet, transmettra ensuite les documents à chaque acteur de ce litige. Elle rendra son verdict dans un délai minimal de vingt jours. /bbo


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus