Du sursis pour l’auteur d’un incendie criminel aux Breuleux

« Je suis innocent ». C’est ce qu’a martelé le prévenu depuis le jour de l’incendie de l’ancien ...
Du sursis pour l’auteur d’un incendie criminel aux Breuleux

Un homme a été reconnu coupable mardi après-midi d’incendie intentionnel de l’ancien Moulin des Breuleux en octobre 2012. Il écope de 20 mois de prison avec sursis pendant trois ans

incendie Moulin Breuleux Le prévenu a été reconnu coupable d’avoir mis le feu à l’ancien Moulin des Breuleux le 19 octobre 2012 (photo : archives).

« Je suis innocent ». C’est ce qu’a martelé le prévenu depuis le jour de l’incendie de l’ancien Moulin des Breuleux. Le 19 octobre 2012, une personne a mis le feu intentionnellement à ce bâtiment qui abritait au moment des faits une entreprise de chauffage-sanitaire et un appartement familial. Bien que l’accusé ait toujours nié son implication dans cet incendie criminel, le juge pénal Pascal Chappuis l’a reconnu coupable mardi après-midi d’incendie intentionnel. Il écope de 20 mois de prison avec sursis pendant trois ans. 

 

Propos incohérents, contradictoires et farfelus

Le prévenu a donc toujours nié sa responsabilité dans cet incendie. Lors de son interpellation mardi matin par le juge Pascal Chappuis, ses propos ont été une fois de plus incohérents, contradictoires et parfois même farfelus. Il a déclaré ne pas connaître les Franches-Montagnes alors même qu’il y travaillait depuis un mois, précisément dans l’entreprise de chauffage-sanitaire sise dans l’ancien Moulin qui a été la proie des flammes. Le 19 octobre 2012, il y a terminé son travail au terme de sa période d’essai vers midi. Son employeur avait décidé de ne pas le garder au-delà, notamment pour ses nombreux retards. Il a donc quitté le travail vers midi ce jour-là car il était attendu à Lausanne dans le cours de l’après-midi. Mais selon les relevés de localisation de son téléphone portable, il aurait fait demi-tour à la hauteur des Hauts-Geneveys pour revenir aux abords de l’ancien Moulin peu avant le début de l’incendie. L’accusé a toutefois toujours indiqué être tombé en panne vers La Chaux-de-Fonds et y être précisément vers 14h, heure du début de l’incendie. 

 

Manque de preuves, mais suffisamment d’indices

Le juge pénal a relevé le manque de preuves matérielles et de témoins directs dans cette affaire, mais il a indiqué qu’un certain nombre d’indices suffisaient à prouver la culpabilité du prévenu. « L’élément déterminant sont les mauvaises justifications de l’accusé, et elles sont légion », a précisé Pascal Chappuis. Selon le juge, l’accusé, qui était employé de l’atelier de chauffage-sanitaire jusqu’au jour du drame, a menti à tout point de vue. À commencer par son âge, sa formation, les raisons de son départ à midi le jour de l’incendie ou encore sa présence aux Breuleux à l’heure fatidique. Le prévenu n’a en effet pas réussi à expliquer pourquoi il se trouvait aux Franches-Montagnes au moment où le feu a débuté, élément pourtant prouvé par l’analyse de la localisation de son téléphone portable. Pour le juge, la culpabilité du prévenu est grave car il a agi de manière purement égoïste et futile en voulant se venger d’avoir été licencié. Le tribunal pénal a donc suivi la peine requise par le Ministère public de 20 mois de prison avec sursis pendant trois ans. 

 

Trois parties plaignantes

En face de l’accusé, les victimes. Tout d’abord le propriétaire du bâtiment et habitant de l’appartement jouxtant l’atelier de chauffage-sanitaire, puis l’entrepreneur et locataire du dépôt et finalement le père du propriétaire qui louait une cave à son fils dans l’ancien Moulin. Le propriétaire a été particulièrement ému mardi au moment de revenir sur cette journée du 19 octobre 2012. Aucune personne n’a été blessée lors de l’incendie, mais sa femme et sa fille étaient présentes dans l’appartement quand le feu a débuté. Ils ont tous été fortement perturbés par cet événement. Le juge Pascal Chappuis a ainsi accepté la demande d’indemnité pour tort moral de 10’000 francs. Le prévenu devra également rembourser 200 francs au locataire de la cave, montant correspondant à la franchise de son assurance, et finalement, il devra verser près de 29’000 francs à l’Etat pour couvrir les frais judiciaires. Quant à l’employeur, le juge l’a invité, par manque d’éléments, à ouvrir une procédure civile pour être dédommagé pour la perte de son atelier. /afa


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