Opération fusion pour les réseaux écologiques

Les réseaux écologiques jurassiens sont en plein processus de fusion afin de réduire les coûts ...
Opération fusion pour les réseaux écologiques

Les réseaux écologiques jurassiens sont en plein processus de fusion afin de réduire les coûts d’exploitation

Luc Scherrer Luc Scherrer, biologiste à la Fondation interjurassienne d'agriculture, montre le plan des réseaux écologiques jurassiens.

L’heure est au rassemblement et à la rationalisation pour les réseaux écologiques jurassiens. Cette année, deux réseaux ont déjà fusionné et le processus continuera à l’avenir. La mise en commun des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) permettra ainsi de diminuer les frais administratifs.

 

Qui derrière les fusions ?

C’est la Chambre jurassienne d’agriculture (CJA) qui a donné les impulsions afin de procéder à ces regroupements. Concrètement, les animateurs s’occupant des réseaux géreront un secteur plus grand plutôt que de s’occuper de plusieurs petits à la fois. « Nous limitons ainsi les coûts de suivi, d’accompagnement et de mise en œuvre des projets grâce à ces mesures », explique Michel Darbelley, le directeur de la CAJ.

 

Diminuer les coûts

Les grands bénéficiaires de ces mesures seront finalement les exploitants des surfaces agricoles. Ces derniers verront leurs frais de gestion diminuer. « Le but a toujours été d’avoir les coûts les plus bas possibles pour les agriculteurs. La participation de ces derniers ne doit pas dépasser 5% des contributions qu’ils reçoivent de la part de la Confédération », précise Michel Darbelley.

Des contributions que les agriculteurs reçoivent lorsqu’ils mettent à disposition des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) ; une condition sine qua non afin de bénéficier des paiements directs fédéraux.

 

Bon pour tous

Luc Scherrer, biologiste à la Fondation rurale interjurassienne est en charge de gérer une bonne partie des réseaux. Ce dernier assure que les fusions ne lui procureront pas une charge de travail supplémentaire. « Il y a aura moins de paperasse pour la gestion des projets, autant pour moi, que pour les agriculteurs. Il s’agit donc de grandes simplifications. Tout le monde est gagnant ». Quant aux conséquences pour la faune et la flore, elles seraient même bénéfiques. « Nous allons être plus efficaces avec un périmètre plus grand afin de mieux organiser les surfaces de promotion de la biodiversité », précise Luc Scherrer.

 

Nombreuses fusions programmées

Le processus de fusion est en cours et le paysage jurassien s’en verra drastiquement simplifié. En 2016, Alle et La Baroche+ se sont associés. En 2017, Chevenez et Haute-Ajoie ont été assemblés, alors que Maira a été englobé dans le réseau Ajoie plus. En 2018, ce sera au tour de Delémont, Haute-Sorne et Boécourt de fusionner ainsi que Bourrignon, Haut-plateau et Löwenbourg.

Ces fusions ne s’arrêteront pas à 2018. La réalisation d’une unique zone jurassienne n’est toutefois pas à l’ordre du jour. « Cela ne serait pas opportun pour le canton du Jura, même si dans d’autres canton c’est une solution qu’ils ont choisi. Si l’on peut limiter le nombre de réseaux à cinq ou dix, je pense que c’est plus réaliste », prévoit Michel Darbelley, le directeur de la CAJ.

 

Résultats sur le long terme

Il sera difficile de se faire une idée des conséquences de ces fusions avant de longues années. « Avant de pouvoir observer des résultats, il faut parfois attendre entre 8, 16 voire même 24 ans », explique Louis Roulet, collaborateur scientifique au domaine nature de l’Office de l’environnement du Jura. Ce dernier donne un exemple. « Si le lit d’une rivière est renaturé, l’eau y prend immédiatement place. Mais ce n’est pas le cas de la flore. Avant qu’elle s’installe, il faut attendre un moment. Et encore plus ensuite, afin que la faune en fasse de même ».

 

Lutter contre l’intervention humaine

Les réseaux écologiques ont été mis en place afin de lutter contre les barrières artificielles ayant cloisonné des secteurs entiers du territoire. Les voies de communication, l’urbanisation ainsi que l’intensification de l’agriculture sont en cause. /jore


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