Quatre ans et demi de prison ferme requis à l'encontre de « professionnels du cambriolage »

Deux prévenus sont jugés à Porrentruy pour vols en bande et par métier, accusés d’avoir écumé ...
Quatre ans et demi de prison ferme requis à l'encontre de « professionnels du cambriolage »

Deux prévenus sont jugés à Porrentruy pour vols en bande et par métier, accusés d’avoir écumé le Jura et le Jura bernois entre janvier et juillet 2015

Le palais de justice de Porrentruy

C’est une affaire aux chiffres étourdissants qui s’est ouverte ce mardi matin devant le tribunal pénal de Porrentruy. L’acte d’accusation recense 51 parties plaignantes et comporte pas moins de 142 chefs d’accusation ! Des cambriolages dans des villas, des entreprises, des clubs football, des bars... Selon la procureure Frédérique Comte, les deux prévenus (dont l’un est en fuite après s’être évadé de prison) ont « écumé » tout le canton du Jura et le Jura bernois entre janvier et juillet 2015. Un troisième individu, également en fuite après une évasion, fera l’objet d’une autre citation à comparaître. Ces ressortissants des Balkans sont également  suspectés d’avoir commis de multiples vols dans les cantons de Vaud, Soleure et St-Gall. Une activité visiblement très lucrative. Le ministère public relève 36 vols et 120'000 francs de butin pour l’homme qui comparaît actuellement devant le tribunal de Porrentruy. Le second aurait commis pas moins de 22 vols pour un préjudice de 90'000 francs. Selon l’accusation, les individus rentraient dans les habitations de nuit lorsque les occupants dormaient. Les biens dérobés étaient parfois mineurs : des paires de chaussures de sport à Boécourt, des boissons dans un club de football du canton de Soleure, mais aussi par deux fois des coffres-fort contenant près de 15'000 francs à Courgenay.

 

« Ils ne sont venus en Suisse que pour voler »

Selon l’accusation, les trois comparses avaient fixé leur quartier général dans l’hôtel « Elisa » de Grandval. Un lieu qui a donné son nom à « l’affaire Elisa » ainsi que l’ont baptisée les enquêteurs. C’est là, dans le Jura bernois, que les prévenus stockaient le butin, se retrouvaient et vivaient jusqu’à leur arrestation à Lausanne le 21 juillet 2015. « Ces individus ne sont venus dans notre pays que pour voler et porter atteinte à la propriété d’autrui », tonne la procureure à l’audience. Elle fustige également leur attitude vis-à-vis de la justice. Lors des premiers interrogatoires, « ils racontent n’importe quoi, nient puis ne reconnaissent des faits que lorsqu’on leur présente des preuves », argumente la représentante du ministère public.  « Je ne suis pas Jésus-Christ, j’ai un peu menti. Si je disais toute la vérité, il n’y aurait pas besoin de procureure ni de policier », dira même l’un des prévenus lors des auditions. Le seul présent au procès a, en revanche, ouvert l’audience avec des aveux de cambriolages niés jusque-là, présenté ses excuses  tout en refusant ouvertement de dénoncer d’autres complices. « Je ne volerai plus... mais je ne peux rien garantir », lâche-t-il finalement maladroitement devant le tribunal avant que son avocat ne l’invite à se taire.

 

« Mon client est venu en Suisse pour travailler »

Mais la procureure s’est peu émue de ces propos. « Ce sont des professionnels du cambriolage » relève-t-elle. Elle insiste sur le nombre impressionant de cas recensés en quelques mois, le montant des larcins et les dommages causés par certaines effractions pour qualifier la « volonté criminelle hors normes » des prévenus. Elle a finalement requis 4 ans et demi de prison ferme pour chacun d’eux. « Mon client est venu en Suisse pour travailler mais il n’a pas trouvé d’emploi. Alors il s’est laissé entraîner dans des effractions », rétorque Maître Allimann, l’un des avocats de la défense. Et d’ajouter : « Mon client a collaboré, mais il ne connaît pas la Suisse. Quand on lui demande s’il s’est rendu à Cornol, à Boécourt ou ailleurs, il ne connaît pas ces villages. Mais quand il a été emmené sur les lieux par les enquêteurs, il a reconnu y être allé », plaide-t-il. Les avocats de la défense réclament trois ans de prison assorti d'un sursis partiel pour le premier prévenu et deux ans de réclusion avec sursis pour le second. Les juges ne rendront leur décision que jeudi matin. Ils ont désormais près de deux jours pour repasser la centaine de chefs d’accusation au peigne fin et à la lumière des propos avancés à l’audience. /jpi


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