« Je ne suis pas attiré sexuellement par mon fils »

Un père de famille comparaît ce jeudi devant le tribunal pénal à Porrentruy pour actes sexuels ...
« Je ne suis pas attiré sexuellement par mon fils »

Un père de famille comparaît ce jeudi devant le tribunal pénal à Porrentruy pour actes sexuels sur son fils, l’homme nie en bloc les faits qui lui sont reprochés

Tribunal Porrentruy

C’est une sombre affaire de mœurs qui s’est ouverte ce matin devant le tribunal pénal de Porrentruy. Un père de famille est accusé d’attouchements sexuels sur son jeune fils âgé de quatre ans seulement lors des faits. Ceux-ci se seraient produits à Saignelégier en 2013, et potentiellement jusqu’en 2016. Le procureur Nicolas Theurillat a requis 18 mois de prison avec sursis durant trois ans ainsi que 500 francs d’amende pour des voies de fait.

 

L'excuse du jeu

Mais le prévenu nie tout en bloc. « Je ne suis pas du tout attiré sexuellement par mon fils », a répété plusieurs fois le père de l’enfant. « Je serais incapable de lui faire du mal ». L’homme reconnaît avoir peut-être une fois ou deux tirer le zizi de son fils. « Mais c’était pour rigoler, pour jouer, ou une fois pour lui montrer que ça fait mal car lui-même me le faisait parfois quand je sortais de la douche. Parfois il me demandait de lui toucher le zizi mais je lui ai toujours dit que seul le médecin et sa future petite amie en auraient le droit », explique le père. Un seul témoin oculaire, un ami du prévenu, dit avoir vu l'homme toucher avec insistance le sexe de son enfant. « Ce sont des mensonges d’un déséquilibré », rétorque alors le prévenu. A propos d’une vidéo dans laquelle son fils apparaît totalement nu, l’homme affirme qu’il n’a remarqué sa nudité qu’une fois en train de filmer. Les fessées qu'il met à son fils ? « Un jeu, je fais semblant pour rigoler quand il a fait une bêtise ». Le jeu, encore une fois. Une explication souvent avancée au cours de ce procès. Trop souvent même selon le procureur qui n’hésite pas à affirmer que « le prévenu a perdu toute crédibilité par sa tactique de défense ».

 

La défense dénonce une machination cousue de mensonges

« Quels drôles de jeu entre un père et son fils ! », s’étonne alors le représentant du ministère public. Selon lui, les déclarations de l’enfant auprès de la police accablent le père, mais l'avocat de la défense relève qu’aucune intention de satisfaire un désir sexuel n’est établie. Les dénonciations du témoin, un homme certes mystérieux mais confident sexuel du prévenu selon le procureur, sont également discréditées par la défense. Reste que le ministère public a dépeint un prévenu très tourné vers le sexe. En témoigne, selon lui, les nombreuses vidéos à caractère zoophile et d’enfants mineurs retrouvées dans son ordinateur, ses sorties régulières dans un club libertin et ses commentaires sur la gente féminine parfois devant son fils. « Des réquisitions choquantes » selon la défense qui parle de machination cousue de mensonges et de jalousie. L’avocat Maître Gigandet accuse en effet l’ex-femme du prévenu et mère de l’enfant de n’avoir jamais digéré la perte de la garde de son fils après une séparation difficile et de tirer les ficelles de ces accusations calomnieuses. Une plainte a d’ailleurs été déposée à l’encontre du témoin pour faux témoignage. Le tribunal rendra son jugement dans le courant de l’après-midi. /jpi


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