Le statut des tireurs étrangers au cœur d’une bisbille dans le Jura

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Le statut des tireurs étrangers au cœur d’une bisbille dans le Jura

La société de tir Les Rangiers – Boécourt a décidé de boycotter les compétitions cantonales car ses tireurs étrangers ne sont pas autorisés à concourir pour une question d'assurance

Au total ce sont 18 tireurs étrangers qui sont actuellement privés d'autorisation de tir dans le Jura. Au total ce sont 18 tireurs étrangers qui sont actuellement privés d'autorisation de tir dans le Jura.

Le tir fédéral en campagne se déroulera ce week-end dans toute la Suisse, mais avec une particularité non-négligeable pour le Jura : les tireurs étrangers ne pourront pas s’aligner dans notre canton. Leur statut est actuellement au cœur de négociations entre la Fédération jurassienne de tir, son assurance ainsi que le département des Affaires Militaires du canton. Au total ce sont 18 tireurs, en grande majorité français, qui se sont vus retirer voilà plusieurs mois leur autorisation de tir. La société de tir Les Rangiers-Boécourt qui compte 6 tireurs français a même décidé de boycotter toutes les compétitions cantonales.

 

Une assurance qui n'englobe pas les tireurs étrangers

A l'origine du différend, un point de règlement et une question d’assurance. En Suisse, les clubs de tir ont une assurance particulière, l’USS. Le règlement impose à tous les tireurs d’être assurés pour les accidents. Problème, les tireurs étrangers ne sont pas couverts par cette assurance en cas d’accident. Les instances s'en préoccupaient peu jusqu'à il y a six mois en arrière. A cette époque, l'Office de la protection de la population et de la sécurité a procédé à une vérification avec l’aide d’une juriste. Cette dernière a constaté qu’avec le règlement actuel, les tireurs étrangers ne sont pas assurés. Par conséquent, 18 tireurs étrangers se sont vus retirer dans le Jura leur autorisation de tir par les Affaires Militaires.

 

Une décision qui fait grincer des dents

Le club de Boécourt, qui compte six tireurs français dans ses rangs, a carrément décidé de retirer toutes ses équipes des épreuves cantonales en signe de protestation. Sommet de leur frustration, le Jura s'affiche comme le seul canton qui applique strictement la règle. Ailleurs, on aligne les étrangers, on ferme les yeux et on prend le risque d’un éventuel scandale en cas d’accident. Voilà qui mène parfois à des situations très cocasses. Illustration à l’occasion du tir fédéral en campagne ce week-end durant lequel les tireurs français de Boécourt ne pourront pas tirer dans le Jura... mais certains iront tirer dans d’autres cantons où ils sont invités ! Bref, ce manque de cohérence d’un canton à l’autre agace et fait désordre. Mais dans le Jura on est clair et strict : on ne prend aucun risque.

 

Une harmonisation nécessaire au niveau fédéral

La solution passerait par une harmonisation dans l'application du règlement au niveau fédéral. Pour le tir civil (le tir sportif avec des munitions sportives), il faudrait que la Fédération Suisse de Tir parvienne à un accord avec son assurance USS pour inclure les étrangers. Les discussions sont d'ailleurs en cours dans le Jura où il se dit que le problème pourrait être réglé dans les prochaines semaines. En revanche, pour ce qui est du tir en campagne, on parle alors d'un usage d'armes militaires ce qui correspond à une autre catégorie. Dans ce domaine, ni l’assurance USS, ni la Fédération Suisse de Tir, ni même les cantons ne peuvent intervenir. Seul le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports de Guy Parmelin à Berne est compétent pour délivrer des autorisations de tir. Pour ce type d’armes, le problème n’est donc pas près d’être solutionné pour les tireurs étrangers. /jpi


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