Coups de feu à Delémont : peine de huit ans de prison requise

Un homme comparaît depuis mardi matin devant la Cour pénale du Tribunal de Porrentruy. Il doit ...
Coups de feu à Delémont : peine de huit ans de prison requise

Une altercation violente s'était produite en février 2015 à l'extérieur d'une discothèque de Delémont. Un homme avait été blessé par balles

Tribunal La police était rapidement intervenue sur les lieux de l'altercation (photo: archives).

Un homme comparaît depuis mardi matin devant la Cour pénale du Tribunal de Porrentruy. Il doit répondre de délit manqué de meurtre et de mise en danger de la vie d’autrui. Le prévenu, un témoin, le procureur et les avocats se sont exprimés durant la journée. La juge Marjorie Noirat rendra son verdict mercredi après-midi.

Les faits remontent au 21 février 2015, à l’extérieur d’une discothèque de Delémont. Lors d’une altercation, le prévenu a sorti un pistolet et tiré à deux reprises dans l’abdomen du premier plaignant, qui a été sérieusement blessé. Il aurait aussi tiré en direction du deuxième plaignant, qui prenait la fuite, mais sans le toucher.

 

« Je n’ai pas voulu tirer »

Pour le prévenu, les deux balles entrées dans l’abdomen du premier plaignant étaient un accident. « Je n’ai pas voulu tirer. On s’est battu pour mon pistolet, j’ai juste voulu qu’il ne le prenne pas », a-t-il expliqué. Quant aux autres coups de feu, il s’agissait, selon lui, de coups de sommation, en l’air, pour garder ses distances. L’homme affirme que son amie a été insultée, qu’il a ensuite été agressé et qu’il s’est défendu. Une thèse reprise par son avocat, Hubert Theurillat, qui estime que ce n’est pas son client qui a déclenché les hostilités. Il a demandé la libération immédiate du prévenu, lui qui a déjà passé 28 mois derrière les barreaux.

 

« Violence extrême »

Son de cloche évidemment différent du côté de l’accusation. Pour le plaignant touché – qui a subi deux opérations et qui souffre aujourd’hui de douleurs chroniques et de problèmes de paralysie – personne n’a frappé le prévenu. Le deuxième plaignant, en s’enfuyant, affirme qu’un coup de feu est parti en sa direction. Il est parvenu à se mettre à l’abri. Le procureur Daniel Farine a parlé de violence extrême, d’actes très graves et de responsabilité entière. Il s’est basé sur les différents témoignages recueillis durant la procédure et les images de la vidéosurveillance. Le procureur demande une peine de huit ans d’emprisonnement et le suivi d’un traitement.

Le réquisitoire a donné satisfaction aux avocats des plaignants. Jean-Marie Allimann estime que seul le destin a fait que son client soit encore en vie aujourd’hui. Pour lui, le prévenu n’a aucune conscience de la gravité des faits. De son côté, Yves Maître regrette que le prévenu mette la faute sur les victimes. « Le seul qui était armé, c’était lui », a-t-il déclaré.

A la Cour désormais de délier le vrai du faux d’ici ce mercredi. /rch


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