Marc Tobler et les "petits pas"

Les autorités de Moutier étaient invitées hier matin au Parlement jurassien. Un moment particulier ...
Marc Tobler et les "petits pas"

Editorial : la présence de Marc Tobler mercredi matin au Parlement jurassien n'a laissé personne indifférent

Marc Tobler Marc Tobler ému, juste avant d'entrer dans la salle du Parlement

Les autorités de Moutier étaient invitées mercredi matin au Parlement jurassien. Un moment particulier, rempli d’émotions, où tous les acteurs principaux du 18 juin étaient présents. L’un d’entre eux a particulièrement touché Cédric Adrover. Son commentaire ci-dessous.

 

Les candidats au titre d’homme du jour ne manquaient pas mercredi dans les allées du parlement. Le maire de Moutier, Marcel Winistoerfer, bien sûr. Ses prédécesseurs également ont leur place. Et puis Pierre-André Comte, évidemment. Charles Juillard, dont le rôle dans la  campagne a été maintes fois loué, mercredi encore. Mais tout jurassien que je suis, si je devais choisir la personne qui m’a le plus marqué, je choisirais Marc Tobler.

Malgré l’invitation lancée à tous les conseillers municipaux, on ne savait pas si le député UDC de Moutier, un des fers de lance de la campagne du non, ferait le déplacement de Delémont. Il a finalement répondu présent.

Qu’on partage ou non ses opinions, on doit lui laisser qu’il est un homme de conviction. La campagne, il ne l’a pas menée par calcul, mais bel et bien avec les tripes. Les mêmes qui lui faisaient si mal ce mercredi matin.  La voix tremblante à l’interview comme on peut le voir sur BNJ.TV. Les larmes aux yeux avant d’entrer dans la salle, submergé par l’émotion et la tristesse,  il me lâche  « mais pourquoi se faire subir une telle torture ». Marc Tobler ne joue pas, il est bouleversé.

Mais il est là.

Presque dernier entré dans la salle, il s’est assis au bout. Un peu comme un élève qui ne se sent pas à sa place dans sa nouvelle classe. Visage fermé lors des célébrations. Quelques hochements de désapprobation durant les discours.

Mais il est là.

Il sort au moment de la Rauracienne ; personne ne lui en tient rigueur ; il revient se mêler à la foule ensuite. Vaincu parmi les vainqueurs, Marc Tobler aurait préféré que ce moment n’arrive jamais. A sa place, beaucoup auraient décliné l’invitation, craignant l’humiliation. Lui, sans que rien ne l’y oblige, est là. A contrecœur certes, mais présent et digne.

Quel courage et quelle abnégation il lui aura fallu. Cela force l’admiration. Un pas douloureux, mais un pas quand même, d’un des pro-bernois les plus convaincus vers le nouveau canton de sa ville. Sa présence à elle seule est un signe d’ouverture bien plus grand qu’il n’y parait. L'espoir que les adversaires de hier pourraient, peut-être un jour, devenir les alliés de demain.

A n’en pas douter, les Jurassiens feront bien des pas dans l’autre sens – ils ont déjà commencé, en témoigne l’accueil bienveillant et empathique que lui a réservé la présidente du Gouvernement jurassien, Nathalie Barthoulot.

Il faudra encore bien du temps pour sceller l’union entre les 48% qui ont dit non et leur nouveau canton. Cela demandera de chacun de la patience, énormément de respect, d’empathie, et de nombreux « petits pas ». Comme ceux que Marc Tobler a faits ce mercredi matin sur le perron du Parlement jurassien. /cad

 


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